Au dernier jour de la session plénière du Parlement européen de Strasbourg, les 73 eurodéputés du Royaume-Uni n'ont pas fait leurs adieux à leurs collègues. Il est en effet plus que probable que des élections européennes aient lieu outre-Manche le 23 mai. Quitte à jouer avec les nerfs des élus et des candidats...

Hémicyle du Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin) le 28 mars 2019.
Hémicyle du Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin) le 28 mars 2019. © Radio France / Cathy Dogon

Pour l'instant, la tenue d'élections européennes au Royaume-Uni, et l'incertitude se prolonge pour les principaux intéressés, les eurodéputés britanniques. Et beaucoup ne savent pas très bien s'ils devront revenir, laisser la place à un successeur ou abandonner l'hémicycle de Strasbourg.

L'eurodéputé Alyn Smith, du Parti national écossais, ne sait plus trop où donner de la tête. "C'était bizarre, vraiment, résume-t-il. Je me préparais pour quitter le Parlement. Et puis, je me suis encore préparé pour quitter le Parlement. Et maintenant, nous devons faire la campagne..." L'élu y voit toutefois une opportunité : "C'est notre meilleure chance d'arrêter le Brexit !"

Cette campagne va être difficile à mener pour les eurodéputés conservateurs, comme Daniel Dalton : "On a eu le référendum il y a trois ans. Et trois ans plus tard, on doit avoir de nouveaux députés européens... C'est un message très difficile à faire passer au peuple britannique."

Ce peuple va-t-il voter à nouveau voter en majorité pour les eurosceptiques ? Non, selon la travailliste Jude Kirton-Darling, qui estime qu'ils sont "les politiciens d'hier". "Nous, on est en train de se battre pour l'avenir", assure-t-elle.

Les eurosceptiques en tête des sondages

L'avenir qui dira si les nouveaux eurodéputés britanniques choisiront de briguer ou non des postes-clé dans la nouvelle assemblée. Ce qui serait déplacé, selon l'avis de la majorité dans les couloirs du Parlement.

D'autant plus déplacé si ces élus sont eux-mêmes eurosceptiques. Provocateur à la tribune, le leader du "parti du Brexit" Nigel Farage a déjà annoncé à ses collègues son retour dans l'hémicycle. Et il a sans doute raison : sa formation, tout juste créée pour rassembler les europhobes mécontents de la situation actuelle, est en tête des intentions de vote.

Selon un sondage de l'institut YouGov, il remporterait 27 % des suffrages en cas d'élection. Loin devant les travaillistes (22 %) et très loin devant les conservateurs (15% des voix seulement). Un seul moyen pour inverser la tendance, explique notamment Margaret Beckett, ancienne ministre de Tony Blair : persuader la gauche de devenir elle-même le parti anti-Brexit. Car les résultats des derniers sondages le montrent aussi : si Jeremy Corbyn et les travaillistes commencent à militer pour un deuxième référendum, ils peuvent, potentiellement, prendre l’avantage.

En attendant, et pour contrer le virage vers la droite de la droite, les mairies d’arrondissement à Londres appellent tous les citoyens européens à s’inscrire, pour aller voter. Au cas où il y aurait bel et bien une élection.

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