[scald=201531:sdl_editor_representation]par Bate Felix

BAMAKO (Reuters) - Les premiers éléments d'une force ouest-africaine devraient être déployés dans un délai d'une semaine environ au Mali, où la France a poursuivi mardi ses frappes aériennes contre les rebelles islamistes.

Les chefs d'état-major des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) doivent se réunir en urgence ce mardi à Bamako pour approuver l'accélération de ce calendrier.

Selon les plans initiaux, cette force ouest-africaine ne devait pas être pleinement opérationnelle avant septembre mais la soudaine progression des rebelles vers la capitale malienne a conduit les pays de la région à hâter leurs préparatifs.

Face à l'urgence, la France intervient depuis vendredi à l'appel des autorités maliennes pour bloquer l'avancée des islamistes et bombarder leurs installations dans le nord du Mali, dont les rebelles ont pris le contrôle au printemps 2012 en profitant du vide du pouvoir créé par un coup d'Etat militaire à Bamako.

"Cette nuit, il y a encore eu des frappes qui ont atteint leurs objectifs", a déclaré François Hollande, en visite aux Emirats arabes unis.

La France, qui dispose d'environ 750 soldats au Mali, va "encore augmenter" ses effectifs sur place dans le cadre de l'opération Serval "pour qu'ensuite, le plus rapidement possible, nous puissions céder la place aux Africains", a ajouté le président français.

Selon lui, le déploiement des forces de la Cédéao va prendre "une bonne semaine".

SOUTIEN INTERNATIONAL

Ce calendrier a été confirmé par le chef de la mission de la Cédéao au Mali (Micema), Aboudou Touré Cheaka.

"Le 15 janvier, la commission des chefs d'état-major va se retrouver à Bamako pour approuver ce plan d'urgence", a-t-il dit à Reuters.

"Je peux vous dire que dans une semaine les troupes seront effectivement sur le terrain", a-t-il ajouté, précisant que la mission première de ce contingent serait de contenir l'avancée des rebelles tandis que se poursuivent les préparatifs du déploiement en tant que tel.

Aboudou Touré Cheaka n'a pas précisé l'ampleur des effectifs déployés lors de cette première phase; la Cédéao prévoit au final d'envoyer environ 3.300 militaires au Mali.

La France prévoit pour sa part de dépêcher 2.500 soldats sur place pour aider l'armée malienne et la Cédéao à reprendre le nord du Mali aux islamistes, a déclaré lundi le ministère de la Défense.

Les autorités françaises insistent sur le large soutien international apporté à leur intervention au Mali. Elles s'emploient à traduire cette solidarité en aide concrète, qu'elle soit logistique ou financière.

Les Etats-Unis échangent ainsi des informations avec les forces françaises engagées au Mali et ils envisagent de leur fournir un appui dans les domaines de la logistique, de la surveillance et du transport aérien, a déclaré le Pentagone.

"Il est de notre responsabilité de pourchasser les gens d'Al Qaïda partout où ils se trouvent", a dit le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta.

CONFÉRENCE DE DONATEURS

"Il est également de notre responsabilité de nous assurer qu'Al Qaïda n'établisse pas au Mali une base pour ses opérations en Afrique du Nord", a-t-il ajouté.

Accompagnant François Hollande à Abou Dhabi, Laurent Fabius, a lui aussi jugé que "pas seulement les Français, mais tous les pays doivent combattre le terrorisme".

"Ce n'est pas encourager le terrorisme que de combattre le terrorisme", a ajouté, en anglais, le ministre français des Affaires étrangères, rejetant l'idée selon laquelle l'initiative de la France au Mali allait gonfler les rangs des extrémistes islamistes dans la région.

Une conférence de donateurs devrait se réunir fin janvier en marge d'un sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba pour financer les efforts africains contre les divers mouvements rebelles islamistes liés à Al Qaïda, a dit Laurent Fabius.

De son côté, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a salué l'intervention française en exprimant l'espoir qu'elle mettrait fin aux avancées d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et d'Ansar Dine.

Selon l'Onu, environ 30.000 Maliens ont fui les récents combats et sont venus grossir les rangs des 200.000 déplacés que comptait déjà leur pays.

Avec Elizabeth Pineau et Raissa Kasolowsky à Abou Dhabi, Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand

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