L'opération "Pilier de Défense" met une nouvelle fois en lumière le déséquilibre des forces qui s'affrontent au Proche-Orient.

D'un côté, une armée puissante, moderne et organisée, forte d'un vivier important de réservistes mobilisables à tout moment. De l'autre, des activistes de terrain avec des armes souvent anciennes, une organisation précaire et des moyens limités, malgré le soutien de grandes puissances régionales.

Tsahal, fierté d'Israël

L'Armée de Défense d'Israël, couramment désignée par l'acronyme Tsahal, est inscrite dans les gênes de l'Etat d'Israël. Sa mission principale : défendre l’existence, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’État d’Israël. Chaque Israélien âgé de 18 ans est appelé à effectuer son service militaire, d'une durée de trois ans pour les hommes, de deux ans pour les femmes.

On estime aujourd'hui à environ 187.000 le nombre de militaires. Il faut y rajouter entre 450.000 et 500.000 réservistes. L'équipement militaire et les armes utilisées sont pour la plupart parmi les plus modernes au monde.

Dès le début de l'Opération "Pilier de Défense", Israël a positionné sur la frontière avec la Bande de Gaza des éléments de sa force terrestre, composée de chars blindés notamment. Mais c'est principalement dans les airs que Tsahal conduit cette opération. Des avions de combats F16 ainsi que des hélicoptères Apache lâchent quotidiennement des centaines de missiles. Les drones également ont une importance capitale : sans pilotes, ils sont les "yeux de Tsahal", selon le site internet officiel de l'armée israélienne. Le modèle Eitan, le plus perfectionné, possède une envergure de 26 mètres, soit quasiment l'équivalent d'un avion de ligne de taille moyenne.

La force de frappe de Tsahal est également constituée de missiles Delilah, tirés depuis le sol et commandés à distance.

Enfin, l'opération "Pilier de Défense" est l'occasion pour Israël de faire découvrir son dispositif "Dôme de Fer". Des batteries de missiles anti-roquettes, dotées de radars, elles auraient permis selon l'armée israélienne de détruire la grande majorité des roquettes tirées depuis la Bande de Gaza.

Le "Dôme de Fer" près d'Ashdod
Le "Dôme de Fer" près d'Ashdod © Radio France / AP Photo/Moti Milrod

A Gaza, des "troupes" hétérogènes

Plus d'1,7 million de Palestiniens vivent dans la Bande de Gaza, un territoire de 41 kilomètres de long, et de 360 km². La densité de population y est l'une des plus fortes du monde, avec 4.751 habitants/km².

Depuis les élections législatives de 2006, le Hamas y est majoritaire.

Parmi la multitude de mouvements hostiles à Israël, deux groupes en particulier sont accusés de lancer régulièrement des roquettes sur l'Etat hébreu.

  • Les Brigades Ezzedine al-Qassam : bras armé du Hamas, on estime le nombre de ses combattants à environ 20.000. Le chef des opérations militaires du mouvement, Ahmad Jaabari, a été tué le 14 novembre dernier. Le groupe s'appuie sur la puissance, et notamment les réseaux du Hamas. C'est, de loin, le groupe armé le plus fourni en hommes et en armes dans la Bande de Gaza.
  • Les Brigades al-Qods : branche militaire du Jihad islamique, elles revendiquent près de 8.000 hommes. C'est la force émergente de ce nouveau conflit, beaucoup plus radicale que le Hamas qui adopte une stratégie plus prudente.

Les armes utilisées par ces groupes de combattants proviennent souvent d'alliés traditionnels acquis à la cause palestinienne. Récemment, le Jihad islamique a admis recevoir le soutien de l'Iran, qui fournit notamment les roquettes de longue portée Fajr 5. Téhéran a également avoué avoir fourni la technologie nécessaire à la fabrication de ces roquettes au Hamas.

Les armes utilisées pendant "Pilier de Défense"
Les armes utilisées pendant "Pilier de Défense" © Radio France / Emilie Baujard

Plus généralement, la force de frappe à disposition se limite à des armes de diverses portées, dont les fameuses roquettes Qassam, du nom des Brigades Ezzedine al-Qassam, de fabrication palestinienne. En un peu plus d'une semaine, 880 roquettes auraient été lancées depuis la Bande de Gaza (source : armée israélienne), près de 1.600 en tout cette année.

La plupart de ces armes sont acheminées vers la Bande de Gaza via des tunnels souterrains (voir le diaporama réalisé par Time Magazine) depuis le SinaÏ notamment, au sud du territoire palestinien. Des tunnels qu'Israël cherche depuis plusieurs années déjà à détruire.

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