A Londres, les expatriés français digèrent mal la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Europe. Qu’ils restent ou qu’ils partent, le Brexit va de toute façon changer leur vie.

Drapeaux anglais et français en devanture d'un pub à Londres
Drapeaux anglais et français en devanture d'un pub à Londres © Reuters / Suzanne Plunkett

Deux semaines après le vote par les britanniques du Brexit, le flou persiste autour de ses conséquences économiques. En France, le secrétaire d’Etat en charge du budget, Christian Eckert, estime la perte entre 2 et 4 milliards d’euros (0,2 point de PIB) à cause de la baisse des exportations. Mais le Brexit a aussi des conséquences sur les français expatriés au Royaume-Uni : ils sont 300 000. Des français qui se sont sentis rejetés, et qui se posent des questions sur leur avenir outre-Manche.

La campagne pré-Brexit a été très marquée par la question de l’immigration, et beaucoup se sentent maintenant indésirables. Pour Elsa, par exemple, qui travaille en banlieue de Londres depuis deux ans, l’Angleterre, c’est terminé : "Je n’ai pas envie de subir cette ambiance de rejet des immigrés, c’est pour ça que je pars. Pas parce que j’ai peur pour mon boulot, mais vraiment pour des raisons idéologiques. Le choix qu’ils ont fait me blesse dans mes valeurs".

Quelles conséquences sur l’emploi des expatriés ?

Des expatriés français se posent aussi des questions sur leur emploi, comme David, chef d’entreprise londonien dans le bâtiment : "Le prix des matériaux va augmenter, donc forcément nos devis, le coût à la construction vont augmenter. Est-ce que ça va avoir une conséquence sur notre carnet de commandes ? Certainement". Malgré ça, David ne se voit pas quitter Londres, qu’il habite depuis plus de quinze ans.

"Je me sens moins britannique qu'il y a deux mois"

Pour plus de sécurité, Michaël, lui, a choisi de demander la double nationalité britannique. Cet ingénieur le fait pourtant sans enthousiasme : "Après le choc du Brexit, je me sens un peu moins britannique qu’il y a deux mois, c’est sûr. Les circonstances nous forcent finalement à faire une démarche qui aurait pu venir de façon beaucoup plus naturelle, avec des raisons plus personnelles".

Michaël espère bien comme certains que le gouvernement ou le Parlement britannique va bientôt bloquer le processus du Brexit. L’incertitude sera levée avec la nomination du prochain Premier ministre.

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