La situation en Egypte
La situation en Egypte © Radio France

Les Frères musulmans égyptiens ont appelé leurs partisans à manifester au Caire, au lendemain de l'assaut des forces de sécurité contre leurs rassemblements. Barack Obama condamne les violences et annule des manoeuvres de l'armée egyptienne.

Les violences en Egypte ont fait 623 morts et 3 500 blessés selon le dernier bilan. Le Caire et les autres grandes villes du pays secouées mercredi par les violences étaient calmes en début de journée après l'instauration par l'armée de l'état d'urgence et d'un couvre-feu nocturne dans la capitale et dans 10 gouvernorats.

La nouvelle manifestation à laquelle ont appelé les Frères musulmans mettent à l'épreuve la capacité de l'armée à contrôler la rue six semaines après avoir destitué Mohamed Morsi, le président issu de la confrérie élu en juin 2012.

Des centaines de partisans des Frères musulmans égyptiens ont incendié un bâtiment officielau Caire. A Alexandrie, la deuxième ville du pays, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre le démantèlement dans la violence la veille des campements installés par les Frères dans la capitale.

Ils ont réclamé le retour au pouvoir de Mohamed Morsi, le président déposé le 3 juillet par l'armée et dont la détention a été de nouveau prolongée jeudi pour un mois. Gehad el Haddad, porte-parole des Frères musulmans, a déclaré à Reuters que le mouvement avait subi "un coup sévère"mais que la colère suscitée en son sein par la répression était désormais "incontrôlable".

Claude Guibal a contacté Mohamed Ashraf Abdou, un islamiste qui a manifesté hier au Caire.

Aujourd'hui, je me suis rasé la barbe.

Les Frères musulmans ont appelé à une manifestation en fin de journée au Caire , où les obsèques de nombreuses victimes des violences de mercredi devraient donner à leurs partisans de multiples occasions de se réunir lors des prochains jours.

Le ministère de l'Intérieur a prévenu que les forces de sécurité tireraient à balles réelles contre ceux qui s'en prendraient à elles ou à des bâtiments officiels.

Etienne Monin a rencontré au Caire des Egyptiens persuadés que les Frères muslmans continueront de manifester

Plusieurs centaines de partisans des Frères musulmans défilent dans les rues d'Alexandrie, la deuxième ville d'Egyptes.

Obama condamne les violences de l'armée

En vacances sur l'île de Martha's Vineyard, sur la côte de la Nouvelle Angleterre, Barack Obama a dénoncé jeudi les violences en Egypte. Il a aussi annulé des manoeuvres militaires égypto-américaines prévues dans ce pays en septembre.

Les Etats-Unis condamnent avec fermeté les mesures qui ont été prises par le gouvernement intérimaire égyptien et les forces de l'ordre. Nous déplorons les violences exercées contre les civils. Nous soutenons les droits universels essentiels à la dignité de l'homme, y compris le droit de manifester pacifiquement.

Les principaux enseignements du discours d'Obama, Christian Chesnot

L'état d'urgence

état d'urgence en égypte
état d'urgence en égypte © reuters

L'état d'urgence rétabli pour un mois permet à l'armée de procéder à des arrestations et à des détentions illimitées, comme durant les 30 années de présidence d'Hosni Moubarak, renversé par un soulèvement populaire en février 2011.

Le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, a promis un retour à la sécurité "d'avant le 25 janvier" 2011, début du soulèvement contre Hosni Moubarak. Il a ajouté que la police ne tolérerait plus aucun sit-in ni aucune manifestation.

Au Caire, policiers et soldats aidés de civils armés de bâtons et de machettes faisaient respecter le couvre-feu, fouillant les voitures et vérifiant les papiers d'identité des passants à des barrages de fortune formés de pneus et de blocs de béton. Les militaires, qui se défendent de vouloir reprendre le pouvoir, affirment avoir agi à la demande des millions de manifestants hostiles aux Frères musulmans descendus le 30 juin dans les rues du pays.

Mohamed ElBaradeï, caution libérale du renversement de Mohamed Morsi par l'armée, a démissionné mercredi de ses fonctions de vice-président afin de ne "pas assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles (il est) en désaccord et dont (il) craint les conséquences". Les autres libéraux et technocrates participant au nouveau pouvoir ne lui ont pas emboîté le pas.

S'exprimant à la télévision, le Premier ministre par intérim, Hazem el Beblaoui, a parlé d'un "jour difficile" pour l'Egypte tout en expliquant que le gouvernement n'avait eu d'autre choix que de démanteler par la force les rassemblements des Frères musulmans :

Nous avons jugé que les choses avaient atteint un point qu'aucun Etat se respectant ne pouvait accepter.

Des islamistes ont tenté de se venger contre les chrétiens coptes pour le soutien apporté par leur patriarche au renversement de Mohamed Morsi. Des églises, des maisons et des commerces chrétiens ont été brûlés en divers endroits du pays, selon les médias officiels et des sources proches des services de sécurité.

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