Les élus américains en sont convaincus : la Russie s'est infiltrée dans la politique américaine via Facebook, Twitter et Google. Et les sénateurs ne comptent pas en rester là : si ces plateformes internet ne font rien à l'avenir pour empêcher ces intrusions, elles s'exposent à des lois coercitives.

Collusion avec la Russie : les représentants des géants d'Internet devant le Congrès américain
Collusion avec la Russie : les représentants des géants d'Internet devant le Congrès américain © Reuters / Jonathan Ernst

Un deuxième conseiller de Donald Trump durant la campagne présidentielle a reconnu avoir eu des contacts avec des responsables russes à l'époque et avoir même proposé un voyage du candidat en Russie. L'enquête sur l'intrusion de la Russie dans la campagne américaine s'est accélérée avec la mise en accusation le 30 octobre de trois membres de l'équipe de campagne de Trump, dont son ex-directeur Paul Manafort. Selon la chaîne NBC News, les enquêteurs fédéraux ont désormais "rassemblé suffisamment de preuves" pour envisager une mise en accusation de Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale du président. 

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L'enquête Mueller sur la Russie

Par Claude Guibal

Les gens achètent des publicités avec des roubles !

Les géants d'internet ont reçu un avertissement au Congrès : s'ils ne parviennent pas à empêcher la Russie d'exploiter à l'avenir leurs plateformes pour influencer la vie politique américaine, les élus pourraient avoir la main lourde et légiférer. 

Le sénateur démocrate du Minnesota Al Franken a été le plus acharné. Il a estimé avoir du mal à comprendre comment Facebook n'a pas fait le lien entre la Russie et des spots politiques américains payés en roubles, la monnaie russe.  

Comment avez-vous fait pour ne pas faire le lien entre les roubles et la Russie ? 

La sénatrice démocrate californienne Dianne Feinstein a lancé :   

C'est à vous d'agir, sinon nous agirons !

Dans le collimateur des élus : l'Internet Research Agency, société de Saint-Petersbourg liée au renseignement russe, qui a créé dès 2015 des milliers de comptes, se faisant passer pour des Américains, qui a posté des articles sur l'immigration, le racisme, les brutalités policières, les armes et l'islam, mais rarement directement sur Donald Trump ou Hillary Clinton. Des centaines de milliers d'internautes se sont abonnés à ces comptes, un faux compte Twitter du parti républicain du Tennessee ayant même dix fois plus d'abonnés que le compte officiel, par exemple.

Le démocrate Mark Warner a reproché aux PDG des sociétés de n'être pas venus en personne et d'avoir envoyé des "seconds couteaux".

Nous tirons la sonnette d'alarme depuis le début de l'année, mais les dirigeants de vos entreprises nous ont envoyé balader

Vers une cyberguerre ? 

Les sites affirment que, par des algorithmes, de l'intelligence artificielle, et des renforts humains, ils repéraient déjà mieux les faux comptes et acteurs mal intentionnés. 

Le président de la commission, Richard Burr, a conclu l'audition 

Ne laissez pas d'autres nations perturber notre avenir. Vous êtes notre première ligne de défense. Faites remonter le message à vos entreprises

De son coté, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, avait allumé un contre-feu avant les auditions en postant une vidéo : 

Il y affirme que Facebook bloque quotidiennement des milliers de faux comptes. Mais selon lui, il n'est pas réaliste d'espérer pouvoir éviter toute interférence. 

Je ne veux pas que quiconque nous utilise pour ébranler la démocratie.

Zuckerberg affirme que Facebook participe à l'investigation du Congrès en lui fournissant toutes les informations qu'il trouve sur le dossier.  Il révèle que Facebook continue son enquête sur des interférences russes via d'autres comptes. 

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