Une manifestation est prévue ce samedi à Rome pour dénoncer les violences faites aux femmes et la menace qui plane sur le droit à l'avortement dans ce pays développé où les droits des femmes sont de plus en plus menacés.

Manifestation  pour le droit à l'avortement en Italie en août 2018
Manifestation pour le droit à l'avortement en Italie en août 2018 © AFP / MARCO BERTORELLO / AFP

Les mouvements féministes italiens se révoltent contre la coalition gouvernementale en matière de droits des femmes. Une réforme du droit de la famille est dans les tuyaux du gouvernement. 

Gratuité de la contraception (ce n'est pas le cas en Italie), violence contre les femmes et demande de davantage d'éducation sexuelle : ce sont les mots d'ordre de cette grande manifestation prévue à Rome. Les femmes manifesteront également pour défendre l’accès à l’avortement, rendu de plus en plus difficile en Italie. 

La contestation est partie de Vérone, berceau de la Ligue du Nord. Vérone où justement le même jour les anti-IVG défileront eux aussi.

La coalition au pouvoir composée de la Ligue (extrême-droite) et du Mouvement Cinq Étoiles a le droit à l’avortement dans son viseur. Un droit acquis de haute lutte il y a 40 ans. Ces derniers mois, plusieurs villes ont adopté des motions favorables aux mouvements religieux pro-vie. Exemple : Vérone, au Nord Est de l’Italie. La ville a adopté une motion finançant les associations pro-vie et "la prévention de l’avortement" et a été rebaptisée par son maire "Ville favorable à la vie". 

Le mois dernier les féministes ont manifesté dans les rues de la ville, menées par Laura Sebastio : "Vérone fait depuis des années figure de laboratoire des politiques de droite, conjuguées à un intégrisme catholique. Ce qui était local jusqu’ici s’étend au niveau national. Ce n’est absolument pas un hasard si l’actuel ministre de la Famille est Lorenzo Fontana, l'ancien maire adjoint de Vérone, un intégriste catholique bien connu, membre des mouvements pro Vie".

L’accès à l’avortement est un droit en Italie depuis 1978. Mais il est malmené depuis toujours, dénoncent les associations féministes. 

L'exemple de Livia est assez parlant. Elle tombe enceinte à 18 ans. "Je me suis d’abord rendue dans un centre d’accueil médical gratuit près de chez moi, raconte-t-elle. Là, une psychologue a insisté pour savoir si je voulais garder le bébé, si cela allait avec mes parents. Elle ne m’a pas fait rencontrer de médecin. J’ai changé de centre pour pouvoir enfin parler à un gynécologue et là j’ai pu être inscrite sur liste d’attente. À force, j’ai pu avorter, mais tout juste avant la limite légale des trois mois de grossesse. 

Le principal obstacle à l'accès à l'avortement est l’objection de conscience brandie par plus de 70% des médecins pour ne pas réaliser les IVG. 

Eleonora Milazzi a monté une association "Objection Rejetée" qui reçoit les signalements des femmes, et établit une carte des structures de santé à fréquenter ou à éviter "Vous voyez sur la carte ici, on est en Calabre. Une femme nous a signalé l’hôpital près de chez elle où il n’y a pas de service de gynécologie ! Elle a dû faire le tour de la Calabre, en vain. Le terme était dépassé, et elle n’a pas pu avorter. C’est un problème très diffus dans tout le pays. Au Sud, il y a un problème d’accès aux structures de santé en général. Au Nord, les mouvements pro vie sont très présents dans les centres d’accueil et beaucoup de ces centres sont en outre privés. Vu la situation, notre carte est devenu un instrument tout à fait nécessaire.

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