Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé samedi le décès des deux journalistes de Radio France Internationale après leur enlèvement dans le nord-est du Mali. La réaction de la directrice de RFI, Marie-Christine Saragosse.

Ce que l'on sait

Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient en reportage à Kidal. Ils ont été enlevés et tués par un groupe armé, a ajouté le Quai d'Orsay dans un communiqué :

Les services de l'Etat français, en lien avec les autorités maliennes, mettent tout en oeuvre pour que la lumière soit faite le plus rapidement possible sur les circonstances de leur décès. La France présente ses sincères condoléances aux familles et aux proches des deux victime

Les circonstances de leur mort, par Christian Chesnot

RFI avait confirmé dans son journal de 18 heures l'enlèvement dans un 4x4 beige de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, qui s'étaient déjà rendus à Kidal lors du premier tour de la récente élection présidentielle, mais n'avait pas évoqué leur décès. Selon la radio, les ravisseurs ont envoyé des tirs de sommation et ont forcé le chauffeur des journalistes à se coucher par terre :

Ce dernier a ensuite entendu Ghislain Dupont et Claude Verlon protester et résister et c'est la dernière fois que nos journalistes ont été vus. Selon plusieurs sources les ravisseurs se sont enfuis avec nos reporters et ont mis le cap vers Tin-Essako.

Les journalistes venaient d'interviewer un responsable des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), chargé de la culture. Ce dernier a confirmé que l'enlèvement avait eu lieu à proximité de sa maison.

Quand il sont partis, j'ai entendu un bruit bizarre dehors, je suis tout de suite allé voir et quand j'ai ouvert ma porte, un homme enturbanné a braqué une arme sur moi et m'a dit "Rentre tout de suite chez toi! Je n'ai pas pu voir combien d'hommes étaient là, je n'ai distingué que le capot de la voiture des journalistes.

Des sources sécuritaires maliennes et le gouverneur de la ville de Kidal, Adama Kamissoko avaient auparavant confirmé l'enlèvement des deux journalistes français, précisant qu'ils avaient quitté mardi la capitale Bamako pour Kidal.

Deux journalistes français tués au Mali
Deux journalistes français tués au Mali © Radio France

"Ne pas se laisser fermer le bec par des barbares."

La directrice de RFI, Marie-Christine Saragosse est bien entendu très choquée par la nouvelle. Elle évoque "une très grande colère", parle d'une journaliste et d'un technicien aguérris qui "étaient en train de faire un travail de fond au Mali".

Ne pas se laisser fermer le bec par des barbares.

, grand reporter pour France culture connaissait les deux journalsites, il s'était déjà rendu dans cette maison visitée par Ghislaine Dupont et Claude Verlon juste avant leur mort. Il témoigne au micro d'Estelle Schmidt :

Deux journalistes passionnés, rigoureux, amoureux de l'Afrique [...] Cette maison où ils ont été enlevés est au coeur de Kidal et vous avez autour des dizaines de soldats.

Les réactions politiques

François Hollande a exprimé son "indignation" et réunit dimanche les ministres concernés. Il s'est exprimé via un communiqué de la présidence :

Le président de la République a appris avec consternation la mort de deux journalistes de Radio France Internationale, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, au Nord du Mali. Il exprime son indignation à l'égard de cet acte odieux. Le chef de l'Etat réunira demain matin, les ministres concernés pour établir précisément, en lien avec les autorités maliennes et les forces de l'ONU, les conditions de ces assassinats.

La synthèse des réactions politiques par Raphaël Godet

Betrand Delanoë, maire de Paris :

Ce crime trahit la barbarie de ceux qui l'ont commis, comme il démontre l'idéologie fanatique et mortifère qui les habite. Il doit renforcer notre détermination a lutter contre toutes les formes de terrorisme qui menacent les valeurs fondamentales de l'homme. Au nombre de ces valeurs, la liberté de la presse, si chère a nos deux compatriotes décédés, doit être défendue en tout lieu et en tout temps. C'est ce que Paris continuera à faire pour honorer leur mémoire.

Rama Yade (UDI), ancienne secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme a réagi sur Tweeter :

Tragédie brutale et immense pour nos journalistes morts dans l'exercice de leur métier. Pensées tristes pour les familles et RFI.

Mercredi, les quatre ex-otages français du Niger libérés en début de semaine après trois ans de captivité au Sahel sont rentrés en France, où ils ont été accueillis par le président François Hollande.

La situation au Mali depuis 2011
La situation au Mali depuis 2011 © Radio France
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