Depuis la prise de fonctions de Trump les Etats-Unis ont quitté ou menacé de quitter plusieurs accords internationaux sous l'influence d'un président qui prône "l'Amérique d'abord"

Le Secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et Donald Trump à l'ONU à New York en septembre 2017
Le Secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et Donald Trump à l'ONU à New York en septembre 2017 © Reuters / Kevin Lamarque

Depuis que Donald Trump a pris ses fonctions en janvier dernier, les États-Unis se sont déjà retirés de plusieurs organisations internationales de premier plan. Donald Trump reste fidèle à ses promesses de campagne. L'ONU, à ses yeux, ne sert à rien et coûte cher. Il préfère affronter directement un chef d'État plutôt qu'en appeler aux Nations unies. Le multilatéralisme et l'aide au développement en sont à chaque fois ébranlés.

C'est la grande braderie façon Trump, la doctrine du retrait : tous les accords internationaux signés hier sont en train d'y passer, les uns après les autres.

Tous les grands traités multilatéraux ont aujourd'hui le pistolet américain sur la tempe, ce qui n'est pas totalement nouveau sous administration républicaine : du retrait de la Société des Nations au début XXe siècle à l'introduction du droit de veto à l'ONU, la crainte du multilatéral et la défense du nationalisme ont toujours été une obsession outre-Atlantique. Mais cette fois, un an à peine après son arrivée aux affaires, Donald Trump pousse le bouchon si loin qu'il prend le risque de l'isolement en lieu et place de l'hyperpuissance.

L'Unesco

Le départ des États-Unis de l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture – qui vient de se doter d’une nouvelle directrice générale : l' ancienne ministre française de la Culture Audrey Azoulay – signifie que l'Unesco perd son plus gros contributeur. Washington verse chaque année à lui seul 20 % du budget de l'organisation ! Or, dans un monde où l’extrémisme religieux prend de plus en plus d'ampleur, où l'obscurantisme menace, avec une remise en cause de la science et de l'éducation, l'Unesco a toute sa place.

L'accord de Paris sur le climat

Le 1er juin, le président américain a annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris, conclu par 195 pays en 2015, et son intention de chercher "un nouvel accord" mondial sur le changement climatique. Le président américain a qualifié cet accord de "très injuste" pour son pays puisqu'il permettrait, selon lui, aux autres nations de prendre un avantage sur l'industrie américaine. Le retrait effectif n'interviendra pas avant novembre 2020.

L’accord de Vienne sur le nucléaire iranien

Durant la campagne, Donald Trump s'était engagé à "déchirer" l'accord. Vendredi Trump a prononcé un réquisitoire enflammé contre l'accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 entre l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne). Texte emblématique de l'avancée de son prédécesseur Barack Obama pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique. Mais pour Trump, "le pire" jamais négocié par les Etats-Unis.

Si le président américain a assuré que son pays ne s'en retirerait pas pour l'instant, Donald Trump a menacé de mettre fin "à tout moment" à l'accord international. Dans une allocution extrêmement virulente à l'encontre du régime iranien qualifié de "dictatorial", il a précisé qu'il ne "certifierait" pas le fait que Téhéran respecte ses engagements, en dépit des assurances en ce sens de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) -- dont le patron Yukiya Amano a aussitôt réaffirmé que l'Iran faisait l'objet "du régime de vérification nucléaire le plus solide au monde".

Donald Trump est très isolé sur ce dossier : Téhéran bien sûr, mais aussi tous les autres signataires de ce texte historique (Moscou, Pékin, Paris, Londres et Berlin) soutiennent cet accord et l'ont immédiatement fait savoir à Téhéran

Cette "non-certification" place le Congrès américain en première ligne, mais la majorité républicaine ne semblait pas prête à réimposer des sanctions et donc à endosser la responsabilité de saborder cet accord soutenu par les autres grandes puissances mondiales.

Le partenariat transpacifique, traité de libre-échange en Asie-Pacifique

Quelques jours après son arrivée à la Maison-Blanche, Trump a signé le retrait de son pays de cet accord TPP. Ce partenariat, négocié par l'administration Obama, censé contrebalancer l’influence de la Chine, a été signé en 2015 par douze pays d’Asie-Pacifique, soit 40 % de l’économie mondiale, mais n’est pas encore entré en vigueur.

Le président mexicain, Enrique Peña Nieto, a alors souhaité ouvrir des négociations bilatérales avec les pays signataires du traité de libre-échange transpacifique.

L'Aléna, l'accord de libre-échange nord-américain

Les accords Alena du continent nord-américain, qui réunissent Etats-Unis, Canada et Mexique, sont en cours de renégociation pour cause de déséquilibre des balances commerciales au détriment de Washington.

L'Aléna, traité de libre-échange entre les USA, le Canada et le Mexique, entré en vigueur en 1994
L'Aléna, traité de libre-échange entre les USA, le Canada et le Mexique, entré en vigueur en 1994 © AFP / Gustavo IZUS, Nicolas RAMALLO

L'aide internationale aux femmes

Le président américain a également signé un décret interdisant le financement par des fonds fédéraux d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement, comme le planning familial. Depuis sa signature en janvier, de nombreuses organisations ont perdu une partie de leurs fonds.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.