[scald=59991:sdl_editor_representation]par Tom Perry

RAMALLAH, Cisjordanie (Reuters) - Les sanctions israéliennes après l'admission de la Palestine à l'Unesco -gel des transferts de fonds et accélération des constructions dans les colonies juives des territoires occupés- visent à affaiblir l'Autorité palestinienne (AP) mais ne l'empêcheront pas de poursuivre son offensive diplomatique pour obtenir une reconnaissance en tant qu'Etat à l'Onu.

"C'est très grave. Israël cherche à anéantir le rôle de l'Autorité nationale palestinienne", a déclaré mercredi Yasser Abed Rabbo, secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), à la radio La Voix de la Palestine.

Un autre responsable palestinien, le négociateur Saëb Erekat, a cependant assuré que les dernières initiatives israéliennes "ne remettaient pas en cause" la politique de l'AP en vue d'obtenir sa reconnaissance à l'Onu.

L'adhésion lundi de la Palestine à l'organisation culturelle des Nations unies basée à Paris est un succès pour les Palestiniens. Cette initiative a poussé Washington à suspendre sa contribution au budget de l'Unesco.

L'Etat juif, pour sa part, a décidé de suspendre les transferts de fonds qu'il collecte pour le compte de l'Autorité palestinienne et d'accélérer les constructions dans les colonies juives de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

En mai dernier, Israël avait déjà suspendu les versements à l'Autorité palestinienne pour protester contre l'accord de réconciliation entre le Fatah du président de l'AP, Mahmoud Abbas, et les islamistes du Hamas qui contrôlent depuis juin 2007 la bande de Gaza.

Cette décision avait empêché le versement de leurs salaires aux fonctionnaires palestiniens, pour la première fois depuis 2007.

Les spécialistes de la région s'interrogent sur l'intérêt que pourrait tirer Israël d'un effondrement de l'Autorité palestinienne, dont les forces de sécurité coopèrent actuellement avec les Israéliens.

PROCESSUS DE PAIX DANS L'IMPASSE

"C'est l'un des atouts de l'Autorité palestinienne", dit George Giacaman, professeur de science politique à l'université de Bir Zeït, en Cisjordanie.

L'accélération des constructions dans les colonies juives des territoires occupés concernera quelque 2.000 logements sur la rive occidentale du Jourdain ainsi qu'à Jérusalem-Est.

"Les Palestiniens n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes si les discussions de paix sont dans l'impasse. Ce sont eux qui refusent de négocier, qui boycottent les pourparlers et attaquent Israël dans les forums internationaux", a affirmé le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Mark Regev.

Le Conseil de sécurité de l'Onu devrait se prononcer autour du 11 novembre sur les suites à donner à la demande d'adhésion de l'AP aux Nations unies en tant que membre à part entière. Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils opposeraient leur veto si un vote devait avoir lieu sur ce dossier.

Dans ce cas, les Palestiniens pourraient choisir l'"option Vatican", c'est-à-dire demander à être reconnus en tant qu'Etat non membre.

Cette formule ne requiert que l'aval de l'Assemblée générale, ce qui ne devrait poser aucun problème puisque les Etats membres, acquis pour une bonne part à la cause palestinienne, se prononceraient à la majorité simple.

La reconnaissance ne serait alors qu'implicite mais elle constituerait une victoire diplomatique de taille pour Mahmoud Abbas, doublée d'un camouflet à Israël.

Ce statut permettrait en outre à l'Autorité palestinienne, qui est pour le moment reconnue en tant qu'"entité non membre", de saisir la Cour pénale internationale (CPI).

Guy Kerivel pour le service français

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