Les quatres otages d'Arlit libérés
Les quatres otages d'Arlit libérés © Radio France

L'avion ramenant en France les quatre ex-otages français enlevés il y a trois ans sur le site d'Arlit par Aqmi, a quitté Niamey à 7h00.

Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret ont embarqué dans l'avion blanc portant l'inscription République française, dans lequel les accompagnent Laurent Fabius, le ministres des Affaires étrangères et Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense.

Les quatre ex-otages seront accueillis à leur arrivée à Villacoublay vers 11h30 par François Hollande.

Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret sont habillés à l'européenne. ils ont rasé ou taillé l'épaisse barbe qu'ils portaient mardi soir.

Ca a été très difficile mais c'est une épreuve de la vie - Thierry Dol

Les quatre hommes sont apparus hier, à leur arrivée, amaigris mais ils semblaient être en bonne santé. Laurent Fabius a indiqué qu'ils étaient encore en état de choc, après plus de trois ans de détention. "Ils ont pris une douche, on a dîné ensemble. Ils ont passé une bonne nuit, mais sur le sol, ils n'arrivent pas à dormir sur un matelas", a-t-il dit.

Selon Jean-Yves Le Drian, les quatre otages ont été détenus de bout en bout par le même groupe d'Aqmi. Ils avaient été regroupés au nord-est du Mali les jours précédents leur libération, car durant leur "détention" ils ne se trouvaient pas au même endroit, mais avaient été dispersés en divers lieux du nord du Mali, par crainte d'une intervention française pour les libérer tous ensemble.

La libération des quatre ex-otages a été annoncée par François Hollande mardi en fin d'après-midi, en marge d'un déplacement à Bratislava. le Président a très chaleureusement remercié le président du Niger Mahamadou Issoufou.

Récit de trois ans de captivité et de la libération desquatre ex-otages avec Yann Gallic

Jeudi 24 octobre, des sources sécuritaires régionales à Gao avaient fait état de la présence d'émissaires dans le Sahel pour "accélérer les négociations en vue de la libération des otages français". Mais la France avait "formellement démenti" l'envoi de ces émissaires

Les anciens otages

Les quatre otages faisaient partie d'un groupe de sept personnes, dont cinq Français, pour la plupart des collaborateurs des groupes Areva et Satom, une filiale de Vinci. Trois captifs - une femme, Françoise Larribe, épouse de Daniel Larribe, un ressortissant malgache et un Togolais - ont depuis été libérés

Marc Ferret a 44 ans. Il travaillait pour le groupe Vinci sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit. Originaire du sud de la France, Marc Ferret habitait à Madagascar. Il a été enlevé le 16 septembre 2010. Pierre Legrand a 26 ans. Il est originaire de Couffé en loire-Atlantique. Il était chef de chantier sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit au nord du Niger. Engagé comme volontaire international en entreprise (VIE), il a été enlevé le 16 septembre 2010. Selon ses proches, il est parti au Niger pour découvrir de nouveaux horizons et ajouter une ligne à son CV. Daniel Larribe a 60 ans. Il est ingénieur spécialiste des techniques minières. Il a été enlevé avec sa femme Françoise qui a été libérée en février 2011. Originaire de Saint-Céré dans le Lot, Daniel Larribe est passionné par la géologie et l'Afrique. Daniel Larribe parle le tamachek, la langue des nomades touarègues. Thierry Dol a 30 ans. originaire de Martinique, il était ingénieur pour la société Sogea-Satiom sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit. Tout juste marié, cet habitant de Meudon en région parisienne a été enlevé le 16 septembre 2010.

Le sort du Néerlandais Sjaak Rijke, du Suédois Johan Gustafsson et de Stephan Malcolm, à la double nationalité britannique et sud-africaine, qui avaient été enlevés en même temps que les ressortissants français, est inconnu.

Les réactions

Françoise Larribe est la femme de Daniel Larribe. Elle a été otage pendant six mois avant d'être libérée parce qu'elle était malade. C’est évidemment un immense soulagement pour elle de retrouver trois ans plus tard son mari.

Françoise Larribe avec Jeanne-Marie Marco

Emotion contenue d'Alain Legrand, le père de Pierre Legrand. S'il remercie les soutiens, il ne décolère pas, lui qui a porté plainte contre l'Etat français parce que le dossier n'avançait pas.

Alain Legrand avec Nathalie Deleau

La grand mère de Pierre Legrand a appris la libération de son petit-fils dans la cuisine de sa maison à Carquefou. Au mur, le calendrier qui égraine les jours...1137, 1138, et 1139, 16h02,

La joie de Marie Thérèse Robert est énorme. Avec Edouard Marguier.

Vinci a exprimé sa "joie immense" après la libération des quatre otages.

Il y a-t-il eu versement de rançon ?

Le gouvernement nie avoir versé la moindre rançon pour la libération des otages et impute celle-ci aux efforts du président du Niger, Mahamadou Issoufou. Le ministre de la Défense a assuré qu'il n'y a avait eu ni "assaut", ni "rançon" pour libérer les Français. Mêmes propos dans la bouche du ministre des Affaires étrangères.

Dorothée Moisan n’y croit pas vraiment. Cette journaliste de l'AFP, auteur du livre "Rançon, enquête sur le business des otages", une libération gratuite est peu probable.

Pour un gouvernement il est impossible d'admettre qu'il y ait eu rançon, mais souvent les négociations comportent plusieurs volets. Et dans ce dossier le rôle du Niger a été primordial.

Les explications de Bertrand Gallicher

L'islamologue Mathieu Guidère rejette l'hypothèse du versement d'une rançon. En revanche, il envisage un échange d'argent entre intermédiaires :

Il y a d'abord la carte ethnique [...] Il y a aussi une carte tout simplement financière, au Niger, il y aune présence forte de la France qui permet des négociations beaucoup plus simples.

Les otages français dans le monde
Les otages français dans le monde © Radio France

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