Un bateau de migrants au large des côtes italiennes
Un bateau de migrants au large des côtes italiennes © MaxPPP / STR

La commission européenne va officiellement soumettre son programme d’immigration aux 28 ce mercredi 13 mai. Principale mesure : les quotas de migrants pour répartir équitablement les demandeurs d’asile entre les pays membres. Une proposition très controversée.

Les pays de l’Union européenne ont accordé l’asile à 185 000 personnes en 2014 selon l’office des statistiques Eurostat, mais seulement six pays ont assumé l’essentiel de cet effort d’intégration : l’Allemagne avec 47 555 demandeurs acceptés, la Suède, la France qui a accueilli 20 640 migrants , l’Italie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Dans le reste de l’UE, certains pays comme l’Estonie n’ont accueilli que 22 demandeurs d’asile. D’où cette idée des quotas pour aider l’Italie à gérer l’afflux de migrants et éviter les drames dans la Méditerranée.

L’Allemagne et la France pour

Ce principe de quotas, réclamé par l’Italie submergée, est soutenu en Europe, par l’Allemagne et la France, parmi les deux pays qui ouvrent le plus leurs portes. Mais ni Berlin ni Paris ne se sont prononcés pour rendre cette mesure obligatoire. Le mécanisme de quotas serait d'abord temporaire pour "gérer l’urgence" , mais Jean-Claude Juncker, le président de la commission compte les rendre obligatoires , malgré les dérogations et les vétos de certains pays.

Le Royaume-Uni et la Hongrie absolument contre

"Les migrants qui traversent la Méditerranée devraient être renvoyés", estime la ministre britannique de l’intérieur dans une tribune publiée par le Times ce matin. Pour Theresa May, les quotas ne feront qu’encourager les traversées dangereuses. L’UE devrait plutôt travailler "à établir des sites d’accueil sécurisés en Afrique du Nord et des programmes actifs de retours", précise la ministre, elle qui a le droit, donc, de refuser les quotas. Puisqu’ils ne participent pas à la législation sur l’asile et l’immigration, la Grande-Bretagne, l’Irlande et le Danemark ont une "opt out", une option de retrait . Ils ne peuvent participer à ces quotas de migrants, que sur la base du volontariat.

La Grande-Bretagne de David Cameron a logiquement pris la tête de la fronde, Franck Mathevon

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Les Britanniques sont farouchement opposés à cette question des quotas

Comment alors imposer des demandeurs d’asile aux autres ? C’est la question à laquelle la commission européenne devra répondre ce mercredi.

Des outils existent pour contraindre

Et à en croire Sylvie Guillaume, vice-présidente du parlement européen, cela sera possible."Convaincre les Etats réfractaires, c’est le problème majeur de la commission, admet-elle, mais des outils existent. Quand une décision est prise à la majorité,il y a par exemple une clause de solidarité, de coopération dans la prise en charge des afflux importants de migrants . Cela pourrait aboutir à une vraie contrainte formelle mais bien sûr, il faudra une négociation avec les 28."

Sylvie Guillaume : "Il y a des moyens, il y a une législation pour obliger les Etats." >

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Sylvie Guillaume, vice-présidente du parlement européen.

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