grandes manoeuvres à l'approche du référendum en crimée
grandes manoeuvres à l'approche du référendum en crimée © reuters

La péninsule prépare son référendum sur un possible rattachement à la Russie. Un référendum soutenu par Moscou, mais déjà renié par l'Europe et les États-Unis. De son côté, l'Ukraine regarde avec inquiétude son possible futur voisin russe.

Inquiétude et même plus : Kiev a annoncé dans la journée de samedi avoir repoussé des soldats russes sur son territoire. L'armée ukrainienne a fait décoller des avions de chasse et envoyé des parachutistes pour repousser une tentative d'infiltration dans une région voisine de la Crimée, selon le ministère de la Défense ukrainien.

La région en question longe la frontière orientale de la république autonome ukrainienne de Crimée, contrôlée par l'armée russe depuis la chute du président ukrainien Viktor Ianoukovitch et où les autorités pro-russes autoproclamées organisent dimanche le référendum sur le rattachement à la Russie.

L'Ukraine menace de répondre "par tous les moyens" à une "invasion russe".

"Un pseudo-référendum"

Côté européen, les choses sont tout aussi claires : des sanctions liées à des accords militaires bilatéraux pourraient être décidées par Paris dans le cadre d'un troisième niveau de sanctions contre la Russie. Avec les États-Unis, l'Union européenne compte annoncer, dès le lendemain du référendum, une série de sanctions dont des gels d'avoirs financiers et des interdictions de déplacement. "Quant aux sanctions autres, notamment liées à la coopération militaire, c'est le troisième niveau de la sanction, nous en sommes au premier", a déclaré samedi le président français, lors d'une conférence de presse à l'Elysée avec le nouveau chef du gouvernement italien, Matteo Renzi. François Hollande a répété que la France comme l'Union européenne ne reconnaîtrait pas la validité de la "pseudo consultation" de dimanche en Crimée sur un rattachement de la péninsule à la Russie

Aucune sanction à venir en revanche du côté de l'ONU : la Russie a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer un projet de résolution qui déclarait "invalide" le référendum sur le rattachement de la république autonome ukrainienne.

Un véto attendu, puisque depuis que Moscou a déployé des troupes dans la péninsule, elle ne cache pas son intention de l'annexer après le renversement du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Sur place, on sait déjà que les russophones (majoritaires en Crimée) vont donc voter en faveur du rattachement. Mais en Crimée il y a aussi des minorités, comme les Tatars. Ils représentent environ 12% de la population de la péninsule, et comptent boycotter le scrutin.

Reportage de Julie Pietri au coeur de la telé indépendante tatar, dont les programmes évoquent tous le changement sur place

Le réferendum doit avoir lieu dimanche toute la journée dans la péninsule de Crimée.

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