Considérés comme l'une des minorités les plus persécutées au monde, les Rohyngias fuient par milliers les combats entre les rebelles dans leurs rangs et l'armée birmane.

Populations Rohingyas à la frontière avec le Bangladesh
Populations Rohingyas à la frontière avec le Bangladesh © Reuters / Mohammad Ponir Hossain

Longtemps persécutée, une partie de la minorité rohingya est passée à la lutte armée, provoquant une répression sanglante de la junte birmane contre l'ensemble de cette communauté. Cette semaine, 110 personnes sont mortes dans une série d'attaques en six jours à peine, poussant également au moins 18.500 réfugiés à traverser la frontière vers le Bangladesh voisin depuis le 25 août, selon l'Organisation internationale des migrations. Sur les réseaux sociaux, on voit des foules terrorisées fuir des villages incendiés par l'armée birmane.

Ils sont un million de Rohingyas, une minorité musulmane, à vivre en Birmanie. Mais depuis 1982, ils n'ont même plus droit à cette nationalité, dans un État à l'écrasante majorité bouddhiste, profondément identitaire. Pour eux, pas d'accès à l'emploi, à la santé, à l'éducation : un véritable apartheid, des décennies de brimades et de stigmatisation, et depuis 2012 une répression sanglante. On parle de près de 400.000 déplacés.

Qui sont les Rohingyas ?
Qui sont les Rohingyas ? © Visactu

La justification de cette répression, c'est le fait que depuis un an, un groupe de Rohingyas a lancé une insurrection armée, en s'en prenant à des postes de police et en exécutant des collaborateurs présumés. Cette rébellion a décuplé la fureur de l'armée birmane, dont les représailles envers les Rohingyas s'apparentent à un nettoyage ethnique, selon l'ONU.

Ironie du sort, le pouvoir birman est notamment représenté par l'ancienne dissidente Aung An Suu Kyi (porte-parole de la Présidence), lauréate du prix Nobel de la Paix en 1991. Elle soutient la ligne dure du pouvoir et de l'armée et dénonce les "terroristes" rohingyas, qu'elle accuse d'utiliser des enfants soldats et de mettre le feu à des villages.

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