Les frappes ont été menées dans la province d'Idleb, au nord-ouest du pays
Les frappes ont été menées dans la province d'Idleb, au nord-ouest du pays © MaxPPP

Tout en concentrant son action contre des groupes rebelles qui menacent son allié Bachar al-Assad, la Russie a mené ce jeudi de nouvelles frappes en Syrie en affirmant vouloir combattre le groupe Etat islamique.

Américains et Russes devaient entamer ce jeudi des discussions militaires, après les premiers bombardements aériens menés la veille par Moscou. Objectif : se coordonner un minimum pour d'éviter tout incident entre leurs avions de chasse. L'espace aérien syrien est en effet désormais encombré puisque s’y croisent les missions aériennes des pays de la coalition menée par les États-Unis, les raids de l'armée syrienne et désormais les Russes qui ont y déployé plus de 50 avions et hélicoptères.

Des bases de l’Armée de la conquête ciblées

Les avions russes ont pris pour cible des bases de "l'Armée de la conquête", une importante coalition regroupant le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et des groupes islamistes comme Ahrar al-Cham. "L'Armée de la conquête", financée notamment par des pays du Golfe, combat à la fois le régime Assad et le groupe Etat islamique. Cette coalition de jihadistes et d'islamistes avait infligé au printemps de terribles revers à l'armée syrienne dans Idleb et menace le "pays alaouite" sur le littoral qui, s'il tombait, sonnerait le glas du régime.

Des rebelles formés par la CIA auraient été visés la veille

Les frappes ont été menées justement dans cette province d'Idleb ainsi que sur "des positions de groupes armés, des bases et des dépôts d'armes" dans la province de Hama. En outre, selon l'influent sénateur américain John McCain, les bombardements russes en Syrie de la veille avaient visé des rebelles entraînés et financés par la CIA notamment pour combattre le groupe Etat islamique.

Les frappes concernent des zones où la présence djihadiste est marginale

La plupart des experts s’accordent sur le fait qu’aucune position de l’organisation terroriste n’a été visée, puisque ces jihadistes sont inexistants à Idleb, et leur présence est marginale à Hama. A Homs, ils se trouvent dans la région désertique et à Palmyre. Il s’agirait pour Moscou de diminuer la pression rebelle sur les territoires tenus par le régime dans l'ouest et le centre. Les Occidentaux, eux, soupçonnent Moscou de vouloir voler au secours de l'armée d'Assad sous couvert de combattre le "terrorisme".

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