Après 25 ans de débat, l'Arabie saoudite va autoriser les femmes à conduire d'ici juin 2018. Une progression sociale pour des motifs économiques.

Le prince héritier avait valoir que l'obligation de chauffeur pour les Saoudiennes pesait lourd sur l'économie du pays.
Le prince héritier avait valoir que l'obligation de chauffeur pour les Saoudiennes pesait lourd sur l'économie du pays. © AFP / Fayez Nureldine

L'interdiction de conduire pour les femmes ne sera bientôt plus qu'un souvenir pour les Saoudiennes. Dans un décret royal publié mardi, le roi Salmane ordonne "de permettre de délivrer des permis indifféremment aux hommes et aux femmes".

La mesure, qui devrait être appliquée en Arabie saoudite en juin 2018, a été largement saluée par la communauté internationale, à commencer par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres pour qui cette décision est "un pas important dans la bonne direction".

Cette décision historique s'inscrit dans une politique globale d'assouplissement de certaines restrictions réservées aux femmes. Sous la tutelle d'un homme de leur famille, généralement leur père, mari ou frère, les femmes devaient être transportées, soit par un homme de la famille, soit par un chauffeur étranger. Une mesure dénoncée par le prince héritier saoudien Al-Walid ben Talal qui en avait dénoncé le "coût déplorable" pour l'Arabie saoudite.

Pour réduire sa dépendance au pétrole, le pays doit se lancer dans un ambitieux plan de réforme à horizon 2030, plan de réforme dans lequel s'inscrit donc cette volonté de Ryad donner plus de liberté aux femmes et de promouvoir des formes de divertissement malgré l'opposition des ultraconservateurs, dans un pays où la moitié de la population a moins de 25 ans.

Samedi dernier, les Saoudiennes ont ainsi été pour la première fois autorisées à célébrer la fête nationale saoudienne dans un stade. Hommes et femmes ont dansé dans la rue au rythme de percussions et de musique électronique, des scènes inédites dans un pays connu pour la ségrégation des sexes dans l'espace public.

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