Selon des chercheurs et responsables scientifiques de haut, le décret signé par Trump le week end dernier va empêcher l'embauche de scientifiques et les échanges entre universités.

USA : manifestation à Washington contre le décret anti-immigration de Donald Trump
USA : manifestation à Washington contre le décret anti-immigration de Donald Trump © AFP / SAUL LOEB

Le décret signé par Donald Trump interdisant aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane va potentiellement affecter des milliers d'étudiants et de chercheurs venant surtout d'Iran et d'Irak, mais aussi de Somalie, de Lybie, du Soudan, de Somalie ou encore du Yémen. Les étrangers occupent la plupart des postes des universités américaines, et ceux qui obtiennent un PhD à l'étranger se rendent ensuite aux Etats-Unis pour faire de la recherche ou enseigner dans des laboratoires universitaires.

Il y aurait environ 17 000 étudiants venant de ces sept pays dans les universités américaines actuellement.

Une étudiante iranienne finalement relachée

Vahideh Rasekhi, étudiante iranienne, a été retenue à l'aéroport Kennedy de New York à son atterrissage car le décret a été appliqué immédiatement après la signature. Finalement, après avoir oeuvré pendant plusieurs heures, les avocats spécialistes en matière d'immigration et le président de la prestigieuse Stony Brook University où elle étudie ont réussi à la faire libérer . Un juge fédéral de New York, saisi par les associations de défense des droits de l'homme, a en effet interdit l’expulsion des personnes interpellées à leur descente d’avion sur la base de ce décret.

L'immigration aux Etats-Unis est énormément importante pour la science. Soumya Raychaudhuri, professeur d'Harvard dans le New York Times. D'autres pays sont en compétition avec nous pour attirer ces talents, et si nous laissons tomber ils prendront notre place.

Depuis le décret, certaines universités ont officiellement conseillé à leurs étudiants et à leurs enseignants originaires de ces sept pays de ne pas s'y rendre pour l'instant. A l'image du Premier ministre canadien Justin Trudeau, certaines universités canadiennes ont réagi en proposant des postes de post-doctiorat à des étudiants ne pouvant plus se rendre aux Etats-Unis.

La résistance s'organise

Une enseignante, Jen Golbeck, professeur informaticienne à l'Université du Maryland, lance le FREEDOM OF SCIENCE NETWORK, le réseau de la liberté de la science, réseau de scientifiques de soutien à ceux renvoyés dans leur pays en raison du décret : @FreeSciNet

►►► ECOUTER | Soumya Raychaudhuri, professeur associé à l'Université de Harvard, joint par Claude Guibal

La plus importante organisation scientifique monte au créneau

L'association américaine pour le progrés scientifique (the American Association for the Advancement of Science) demande à Donald Trump de consulter le monde scientifique pour trouver des moyens de contrebalancer. Selon l'association, de nombreux scientifiques originaires de ces sept pays hésiteront à se rendre à l'étranger à des conférences par peur de ne plus pouvoir revenir aux Etats-Unis, ou à l'inverse ne pourront plus se rendre aux Etats-Unis pour assister à des conférences ou participer à des congrés.

Le progrés scientifique dépend de l'ouverture, de la transparence, et de la libre circulation des idées. Les Etats-Unis ont toujours attiré et bénéficié de talents scientifiques internationaux à cause de ces principes. Rush Holt, président de l'Association américaine pour le progrés scientifique.

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