Un interprète, Aminullah et François Hollande le 25 mai 2012
Un interprète, Aminullah et François Hollande le 25 mai 2012 © Aminullah

Le Canard Enchaîné révèle aujourd'hui une partie des avis prononcés sur le cas de traducteurs afghans de l'armée française. Pendant la guerre, ils étaient près de 500, pour la plupart abandonnés depuis dans un pays qui leur est devenu hostile.

Le journal évoque cette réponse du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian dans l'hémicycle : en février, il assurait que 73 visas avaient été délivrés pour "services rendus" en raison d'un "niveau de menace pensant effectivement sur l'intéressé", et en tenant compte de la "capacité à s'insérer en France". Des critères dont on découvre, via les avis du général commandant de la Task Force La Fayette VI, qu'ils sont encore plus restrictifs qu'ils n'en ont l'air.

"Au courant des aides sociales en France"

Ils proposent notamment une simple "compensation financière" pour un traducteur "musulman pratiquant, qui possède une vision assez religieuse de la vie, peu compatible avec un projet d'intégration en France" . Ou refuse le fameux laissez-passer à un autre pour lequel il signale une "inquiétude légitime". Le Canard cite aussi une autre note où un traducteur "bien intégré et apprécié au sein du détachement" doit être tenu à l'écart car "il semble au courant des aides sociales" en France.

La situation des traducteurs afghans de l'armée française est toujours inquiétante à l'heure actuelle, puisqu'ils sont ostracisés et considérés comme des traîtres depuis leur départ.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Revoir notre webdoc dans Interception : "Traduire, c'est trahir"

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