À quelques semaines d’un sommet inédit entre les deux pays, Donald Trump salue "un geste positif de bonne volonté" de son homologue nord-coréen Kim Jong-un, qui libère trois ressortissants américains.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et un haut responsable nord-coréen, le 9 mai 2018, à Pyongyang
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et un haut responsable nord-coréen, le 9 mai 2018, à Pyongyang © AFP / Matthew Lee

Mike Pompeo repart donc de Pyongyang avec trois nouveaux passagers. Le chef de la diplomatie américaine, qui venait préparer le futur sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, ramène à Washington les trois ressortissants américains détenus en Corée du Nord. Donald Trump a prévu de les accueillir en personne ce jeudi matin, à leur arrivée sur la base aérienne d’Andrews (Maryland).

Le plus ancien des trois ex-détenus, Kim Dong-chul, est un homme d’affaires et pasteur de 62 ans, naturalisé américain. Kim Dong-chul a été arrêté en octobre 2015 et condamné à dix ans de travaux forcés pour subversion et espionnage. Selon le régime, il était en possession d’une clé USB contenant des données militaires, notamment sur le nucléaire. Un mois avant son procès, il s’était excusé d’avoir tenté de dérober des secrets militaires en collusion avec la Corée du Sud.

Les deux autres ex-détenus, Kim Hak-Song et Kim Sang-Duk, ont été arrêtés au printemps 2017. Ce sont des enseignants qui travaillaient pour l'Université des sciences et technologies de Pyongyang (PUST), fondée par des évangélistes chrétiens étrangers et fréquentée notamment par les enfants de l’élite nord-coréenne.

Ces dernières semaines, des rumeurs faisaient état d’un transfert des trois prisonniers d’un camp de travail vers un hôtel proche de Pyongyang, en vue de leur potentielle libération.

La stratégie des otages

La Corée du Nord est régulièrement accusée d'emprisonner des civils étrangers afin de les utiliser comme monnaie d'échange. 

Au moins 17 Américains ont été détenus en Corée du Nord ces dix dernières années. La plupart ont été relâchés après l'intervention de personnalités. L'ancien président Bill Clinton avait ainsi fait le voyage de Pyongyang en 2009 pour obtenir la libération de deux journalistes condamnées à douze ans de travaux forcés pour avoir franchi illégalement la frontière. 

Le dénouement avait été plus tragique pour Otto Warmbier, étudiant américain de 22 ans, détenu durant 18 mois en Corée du Nord et décédé quelques jours après son rapatriement sanitaire en juin 2017

Il y a 50 ans, le régime avait réalisé l'un de ses plus grands coups d'éclat : capturer un sous-marin américain en mission d’espionnage au large de ses côtes. Si les 82 marins avaient fini par être relâchés, ce n’est pas le cas de l’USS Pueblo, transformé en attraction touristique sur le fleuve Taedong, en plein Pyongyang.

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