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La Commission européenne devrait recommander aujourd'hui un assouplissement à la fin du mois de juin, du régime des visas pour les Turcs désirant voyager dans l'espace Schengen. C'est l'une des contreparties exigées par la Turquie en échange de son aide dans la crise des migrants, et ça se paie cash.

L'heure est venue de passer a la caisse. Le président Erdogan a bien manœuvré/ Conciliant sur l'accord du 18 mars, afin de tarir les flux migratoires en mer Égée, Ankara a ensuite alourdi la facture : six milliards d'euros de compensation. Puis s'est durci sur les volets politiques : ouverture des nouveaux chapitres d'adhésion et l'exemption des visas pour les Turcs disposant d'un passeport (10%), et souhaitant circuler en Europe.

Erdogan en fait un point dur, il en va de sa crédibilité intérieure au point de menacer maintenant ouvertement Bruxelles de rouvrir la vanne des réfugiés.

L'Europe est dans la nasse. Elle fait contre mauvaise fortune bon cœur, souligne que grâce à Ankara, la question migratoire est en partie règlée, que la Turquie est sur la bonne voie des réformes, qu'il y aura de toutes façons des freins d'urgence en cas de dérapages et que, si ce n'est pas idéal, le manque de volonté d'accueil des états membres ne laisse pas d'autres alternatives.

Cette logique molle présente un double risque : cautionner un régime islamo conservateur de plus en plus autoritaire, et faire monter les populismes qui ne manqueront pas de brandir l'épouvantail de 79 millions de Turcs à l'assaut du vieux continent.

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