La mobilisation des derniers mois sur le climat, particulièrement suivies dans les pays d'Europe du Nord, profite inégalement aux Verts Européens. Revue de détail de la campagne des écologistes en Europe.

Un drapeau européen vert devant la porte de Brandebourg, à Berlin (Allemagne)
Un drapeau européen vert devant la porte de Brandebourg, à Berlin (Allemagne) © AFP / KAY NIETFELD / DPA / dpa Picture-Alliance

Allemagne. C'est là que les Verts bénéficient de la dynamique la plus forte. Elle est concomitante des mobilisations autour du climat, initiées par les collégiens et lycéens et particulièrement suivies dans les pays du nord de l'Europe. Mais le souffle qui pousse les Verts allemands qui se sont passablement recentrés, vient de plus loin. Ceux-ci participent déjà à plusieurs coalitions de gouvernement régionales, aussi bien avec la CDU d'Angela Merkel qu'avec la gauche du SPD. Ils ont encore marqué des points dans les scrutins régionaux cet automne, devenant le second parti en Bavière comme en Hesse. Ils se positionnent d'ailleurs volontiers comme parti de gouvernement au moins localement, attirant à eux quelque déçu de la droite classique mais surtout du SPD. Les différents sondages d'opinion leur prédisent 18 à 19 députés européens dimanche 26 mai, contre 13 dans le Parlement sortant. Davantage, en tout cas que de représentants du SPD. 

France. La dynamique allemande ne se retrouve pas en France. Peut-être parce que nombre de listes concurrentes d'EELV arborent également l'étendard écologiste dans cette campagne. La plupart des formations ont en effet ostensiblement "verdi" leur discours, certains n'hésitant pas à reprendre mot pour mot les arguments d'EELV. La liste verte française peine donc à faire entendre un discours particulier. Les intentions de vote leurs donnent toutefois une projection en siège légèrement supérieure à la représentation sortante : 7 élus au lieu de 6.

Grande Bretagne. Les projections en sièges concernant le vote en Grande Bretagne prédisent près de 10 sièges pour les "Verts" britanniques, contre 6 seulement dans le Parlement d'aujourd'hui. Sauf que, Brexit oblige, ces futurs députés européens risquent de ne pas siéger longtemps à Bruxelles ou Strasbourg, voire ne pas siéger du tout. Leur mandat sera purement et simplement annulé dès que le Brexit sera effectivement consommé.

Qui plus est, une bonne moitié de ces élus ne représenteraient pas tant un électorat  écologiste que régionaliste. Dans le Parlement sortant, les élus britannique du SNP écossais ou du Plaid Cymru gallois siégeaient en effet dans les rangs des Verts Européens, participant au groupe Les Verts / Alliance Libre Européenne.

Pays-Bas et Belgique. Comme en Allemagne, et un peu pour les même raisons, les Verts néerlandais et belges ont clairement le vent en poupe dans cette campagne. C'est particulièrement le cas en Belgique où les mobilisation pour le climat ont été largement suivies.  Qui plus est, des élections locales et législatives auront lieu en même temps que la consultation européenne et les Verts belges, qui conduisent une campagne jumelle en Flandre comme en Wallonie, y voient leur dynamique démultipliée... au point que les Groen/Ecolo de Belgique peuvent désormais envisager de remporter la présidence de la région Bruxelloise. Pour ce qui est des Européennes, en revanche, les Verts des Pays-Bas comme de Belgique n'enverront au mieux que 4 ou 3 députés contre 2 pour chaque pays actuellement. 

Au total, les différentes formations d'obédience écologiste ou apparentée pourraient bien envoyer au Parlement jusqu'à 57 députés : 5 de mieux que dans l'actuel Parlement. Mais le groupe des Verts devrait demeurer, numériquement, le sixième en importance au Parlement Européen. Derrière successivement le PPE (la droite classique), les sociaux-démocrates, les libéraux alliés aux centristes français de la République en Marche (Groupe ADLE), le groupe des Conservateurs et Réformistes (droite eurosceptique) et celui des Nations et de la Liberté (ENF extrême-droite).

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