Alors que Bruxelles commémore les attentats de 22 mars 2016, certaines victimes sont encore écartelées entre émotions et stratégies de survie. À l'image de Dominique, 39 ans.

Ce matin, des messages invitaient les passagers à faire une minute de bruit à 9h11, heure de l'explosion de la 3e bombe au métro Malbeek de Bruxelles.
Ce matin, des messages invitaient les passagers à faire une minute de bruit à 9h11, heure de l'explosion de la 3e bombe au métro Malbeek de Bruxelles. © Radio France / Julie Pietri

Ce mercredi, à l’heure des commémorations, certains n'arrivent toujours pas à oublier ce qui s'est passé le 22 mars 2016. C'est le cas de Dominique, 39 ans. Gravement brûlé dans le métro il y a un an, il porte un gant noir pour cacher "sa peau de crocodile".

J’ai eu le sentiment qu’on a tous été mis dans une boîte et que quelqu’un, avec de très grosses mains, l’a secoué très fort et très vite.

Dominique a reçu des éclats au sternum, dans l'épaule, la poitrine et dans le crâne. "On ne sait vraiment pas comment s'en sortir à ce moment-là". Même s'il dit ne pas avoir beaucoup changé, il a tout de même quitté un travail dans la banque qui ne lui plaisait pas : "On se rend compte que la vie peut être assez courte". Depuis le 22 mars 2016 il confie qu'il échafaude des stratégies au moment de monter dans le métro : "Je me mets tout fond de la dernière voiture, là où il y a le moins de gens."

Une place à Molenbeek, commune défavorisée de Bruxelles.
Une place à Molenbeek, commune défavorisée de Bruxelles. © Radio France / Julie Pietri

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Depuis, Dominique danse le tango à Molenbeek, commune pauvre de Bruxelles où plusieurs terroristes ont habité ou transité.

Est-ce qu’il y a un endroit plus sûr que Molenbeek ? Imagine, en faisant l’hypothèse que tous les méchants, les terroristes, sont cachés à Molenbeek, ils vont pas faire sauter là où ils vivent !

Dominique explique se sentir un peu en décalage avec ceux qui ont perdu un proche. C’est pour ça qu’il n'a pas souhaité se rendre aux commémorations.

La Belgique rend hommage aux victimes des pires attentats de son histoire

Les hommages aux 32 morts et plus de 320 blessés du 22 mars 2016 ont débuté à l'aéroport de Bruxelles à 7h58, en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, et de près de 1500 personnes : victimes, secouristes, employés de l'aéroport ou encore représentants des plus hautes autorités du royaume. Une cérémonie marquée par la lecture de ceux qui ont perdu la vie ce jour-là à l'aéroport. Les commémorations se sont poursuivies à la station de métro Maelbeek, où avait eu lieu la seconde attaque suicide, qui avait également fait 16 morts. Le personnel et les usagers du métro de Bruxelles observaient une "minute de bruit" à 9h11. Les hommages doivent se poursuivre jusqu’à ce soir.

Les attentats de Bruxelles, le 22 mars 2016.
Les attentats de Bruxelles, le 22 mars 2016. © Visactu
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