retour en france des quatre ex-otages français en syrie
retour en france des quatre ex-otages français en syrie © reuters

Qui sont les ravisseurs des journalistes libérés vendredi soir ? Pourquoi les ont-ils relâchés après dix mois de détention ? Il reste encore beaucoup de zones d'ombres malgré les détails apportés par les anciens otages, François Hollande et Laurent Fabius.

Les conditions de détention

Dimanche, sur le tarmac de Villacoublay à leur arrivée, tous avaient l'air en bonne santé mais les deux journalistes qui se sont exprimés dans les medias n'ont pas caché que leurs conditions de vie pendant dix mois ont été très difficiles. Le grand reporter d'Europe 1, Didier François a raconté qu'ils sont restés la plupart du temps "dans des sous-sol sans voir le jour" . Les journalistes ont aussi vécu un mois et demi "entièrement enchaînés les uns aux autres ". L'eau, la nourriture et l'électricité ont manqué.

Le groupe était visiblement près des combats car ils ont dû être déplacés précipitamment à plusieurs reprises. "Une dizaine de lieux de détention" selon Nicolas Hénin, correspondant de Radio France et RFI.

Didier François et Edouard Elias ont été enlevés le 6 juin, Pierre Torrès et Nicolas Hénin le 22 juin 2013 . Les quatre journalistes ne sont pas toujours restés ensemble et auraient côtoyé d'autres otages. Les Français libérés l'ont confirmé à mi-mots. "La plupart du temps, a raconté Nicolas Hénin, j'étais avec d'autres personnes, notamment Pierre Torrès qui m'a rejoint assez vite. Cela a été une longue errance de lieux de détention en lieux de détention." .

Enchainés et mal traités

A la question, avez-vous été bien traité ? Nicolas Hénin répond après un silence "pas toujours" . "Ils ont été traités très durement" a également confirmé Laurent Fabius sans préciser si les journalistes français avaient été torturés, "c'est quelque chose d'abominable, les gens qui les retenaient sont des terroristes avec tout ce que cela veut dire" a sobrement répondu le ministre des Affaires étrangères.

Nicolas Hénin a confié quelques détails de sa détention à Arte

href="http://www.franceinter.fr/#"> ![Lecture](http://www.franceinter.fr/sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png) [![Partager](http://www.franceinter.fr/sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png)](http://www.franceinter.fr/player/embed-share?content=885002 "Intégrer ce player sur mon site") ### Les circonstances encore floues de leur libération Les journalistes ont été retrouvés vendredi soir par des militaires turcs le long de la frontière syrienne dans la province de Sanliurfa. Les Français avaient été déposés là par des inconnus, les mains attachées et les yeux bandés. **La DGSE n'a jamais perdu de vue les otages français explique Hervé Toutain**
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Les journalistes français auraient été enlevés par des djihadistes qui contrôlent la zone le long de la frontière turque et irakienne : l'Etat islamique en Irak et au Levant, groupe radical se réclamant d'Al-Qaïda.70% de ses combattants viennent de l'étranger. Ils seraient 10 à 15.000 à se battre en Syrie. **"L'Etat islamique en Irak et au Levant" est très intolérant dit le chercheur Jean-Pierre Filiu qui était récemment en Syrie**
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Les opposants au régime syrien
Les opposants au régime syrien © Radio France / Idé
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