Pendant 15 ans, le Liban s'est consumé dans une guerre civile aux mutliples phases et acteurs. Les Syriens jouant, au grè des circonstances, les médiateurs ou les pompiers pyromanes. Aujourd'hui, les rôles sont inversés. La Syrie brûle, les Libanais sont divisés : certains, notamment les sunnites, ont pris fait et cause pour les insurgés syriens, d'autres, notamment les chiites, ont tout intérêt à ce que le régime de Bachar Al-Assad ne s'effondre pas d'un coup. Les chrétiens sont partagés et attentistes.

Plus la crise syrienne s'aggrave et prend la tournure d'une guerre civile, et plus les tensions sont à fleur de peau de l'autre côté de la frontière. Les nerfs sont à vif entre sunnites et chiites libanais. Côté sunnites, certains rêvent de prendre leur revanche sur le Hezbollah après l'humiliation de mai 2008 quand les miliciens chiites avaient pris le contrôle de Beyrouth ouest en quelques heures, pourtant fief des sunnites.

Dans ce contexte volatil, les incidents récurrents à Tripoli entre sunnites et alaouites, la mort d'un cheikh sunnite tué à un barrage de l'armée qu'il tentait de forcer, l'enlèvement de pélerins chiites libanais en Syrie, sont autant d'alumettes qui sont jetées sur un baril de poudre. La contagion des violences syriennes vers le Liban est une"menace réelle" et pourrait "très mal se terminer" , a mis en garde le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Le climat politique s'alourdit donc de plus en plus au Liban, même si malgré les récents incidents sécuritaires, la violence reste circonscrite à certaines zones. Les Libanais espèrent que la saison touristique ne sera pas plombée. Dans son éditorial dans Al-Qods Al-Arabi intitulé "le Liban au bord de la catastrophe" , Abdel Bari Atwan rappelle que la guerre civile libanaise a commencé en 1975 par l'attaque d'un autobus convoyant des Palestiniens à Ain Remaneh un quartier de Beyrouth.

Pour lui, "il est clair qu'il existe des parties intérieures libanaises et étrangères qui travaillent à déclencher une guerre confessionnelle." L'appel des pays du Golfe invitant leurs ressortissants à quitter le plus vite possible le Liban, constitue pour le journaliste d'Al-Qods Al-Arabi, un signal inutile qui ne fait que générer de la peur. C'est pourquoi, Abdel Bari Atwan interpelle tous les hommes de bon volonté au Liban et au Moyen-Orient pour éviter une guerre civile qui ne menace par seulement le pays du Cèdre mais aussi d'autres pays de la région, "avant qu'il ne soit trop tard."

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