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beyrouth © corbis / © Sam Tarling/Corbis

Depuis quelques jours, les ruelles de Beyrouth sont envahies par les manifestants qui, sur fond de crise des ordures, protestent contre la paralysie politique. Une nouvelle manifestation prévue ce lundi a été reportée après les violents heurts.

C’est un véritable bras-de-fer qui s’est engagé depuis une semaine entre les habitants de Beyrouth et le gouvernement. Les déchets de la ville - et ceux de la moitié du pays - habituellement entassés dans la décharge de Naameh, jonchent désormais les rues de la capitale libanaise. Le 17 juillet, des Libanais vivant à côté de la décharge ont exprimé leur ras le bol et ont fermé les portes du site. Depuis, Beyrouth, envahie par les déchets de ses habitants, est devenue la nouvelle décharge à ciel ouvert du Liban, provoquant de violentes manifestations.

La décharge de Naameh, située à l'extérieur de Beyrouth a été ouverte en 1997. Conçue pour recevoir les détritus de la capitale et de la dense population des montagnes pendant quelques années seulement, en attendant qu'une solution globale soit trouvée, elle est toujours en activité 18 ans plus tard.

Les manifestations avaient alors commencé en raison de l'incapacité du gouvernement à enlever les ordures des rues après la fermeture de la décharge. Les montagnes de déchets avaient été finalement collectées dans la capitale avant d'être jetées dans des endroits illégaux, provoquant la colère des habitants.

59 personnes hospitalisées après de violentes manifestations

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beyrouth © Reuters / Mohamed Azakir

Les manifestants réclament non seulement une solution au problème des déchets mais également la fin de la corruption, des pénuries d'électricité et d'eau et du blocage politique dans un pays sans président de la République depuis plus d'un an. Les manifestations s’étaient finalement terminées par des violences.

Aux micros d'Hélène Bourgon, des Libanais expriment leur ras-le-bol face à un système corrompu

D'après la Croix Rouge libanaise, 59 personnes ont été hospitalisées dimanche soir, et 343 autres ont été traitées sur place pour blessures légères, lors d’une manifestation dimanche. Une nouvelle manifestation prévue ce lundi a été reportée.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Tammam Salam avait dit comprendre les frustrations des manifestants, tout en laissant entendre que son gouvernement, formé il y a 18 mois, pouvait cesser de fonctionner s'il n'arrivait pas à résoudre la crise.

Les organisateurs de la campagne "Vous puez", issue de la société civile, ont lancé un nouvel appel à manifester samedi, tandis que le Conseil des ministres tiendra mardi à 10H00 locales une réunion extraordinaire pour discuter de la situation "catastrophique" des déchets.

►►► POUR EN SAVOIR PLUS | La chronique d'Anthony Bellanger

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