Comme souvent dans son histoire récente, le Liban est à nouveau plongé dans une période de grande tension et d'incertitude. L'élection du successeur de Michel Sleiman à Baabda déchire la classe politique, incapable de s'entendre sur une personnalité. A cela s'ajoute les métastases de la guerre civile syrienne avec son affux de réfugiés, sans parler de la menace djihadiste.

C'est dans ce contexte que le ministre libanais du Tourisme, Michel Pharaon, appartenant au camp pro-occidental du 14 mars et proche du Courant du Futur de Saad Hariri, était de passage à Paris il y a quelques jours à l'occasion des 50 ans de l'Office du tourisme du Liban dans la capitale française. Sur les quatre dernières années, le bilan touristique du pays du Cèdre est en berne, avec une chute de 40% des visiteurs en 2013. La seule bonne nouvelle, a insisté Michel Pharaon devant une poignée de journalistes français et libanais, c'est "le parapluie sécuritaire" en vigueur depuis l'arrivée en février dernier de Tamam Salam à la présidence du Conseil.

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""L'Iran et le Hezbollah ont joué le jeu , a poursuivi le ministre, et cet accord de sécurité interne a tenu jusqu'à présent." Les affrontements récurrents à Tripoli entre sunnites anti-Bachar et alaouites pro-régime ont cessé comme par enchantement. Pour lui, "la mise en place d'un parapluie local, régional et international pour protéger le Liban a assuré la sécurité du pays." C'est déjà énorme dans le contexte actuel.

Reste un défi majeur à afftonter, celui des réfugiés syriens, dont les estimations tournent autour du million de personnes. "La distanciation par rapport à la crise syrienne est plus que jamais d'actualité," reconnaît Michel Pharaon qui se dit favorable à la mise en place de camps à la frontière syro-libanaise pour accueillir les civils fuyant les violences. Combien de temps le Liban pourra-t-il faire face au fardeau des réfugiés syriens ? "C'est un risque, assure le ministre du Tourisme. Nous avons fais appel à la communauté internationale. Nous avons reçu beaucoup de promesses... mais peu d'aide !"

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