Malgré l'inscription de la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, les contacts n'ont jamais été rompus entre Paris et le parti chiite. Ils se poursuivent de manière régulière. Lors de son passage à Beyrouth en juillet dernier, l'ancien Premier ministre, François Fillon avait rencontré un responsable du mouvement.

Pour la première fois depuis longtemps, un député du Hezbollah, Ali Fayad, élu de Marjayoun, a été discrètement reçu mercredi 9 octobre par la direction Afrique du Nord/Moyen-Orient (ANEMO) du ministère français des Affaires étrangères. Le parlementaire libanais était invité à Paris pour participer à un séminaire parlementaire sur la peine de mort organisé au Sénat et à la Chambre des députés.

Cette rencontre au Quai d'Orsay a eu lieu à la demande des autorités françaises, nous a confié Ali Fayad. Principal sujet au menu : la crise syrienne.

Ali Fayad, député Hezbollah de Marjayoun

[](../rf-ressource-son) Hors micro, Ali Fayad s'interroge sur le sens de la politique française dans la crise syrienne : _"le régime syrien se renforce, les jihadistes montent en puissance et l'Armée syrienne libre s'affaiblit de jour en jour. Que cherche la France ?"_ Il qualifie la ligne française en Syrie de _"naïve"_ mais constate que la France essaie de se repositionner dans le jeu régional. Ali Fayad, député Hezbollah de Marjayoun
Depuis l'échec des frappes contre le régime syrien et le coup de poker des Russes sur les armes chimiques, la France est apparue dépassée par les évènements, lâchée en rase campagne par ses alliés américains et britanniques. Après la rencontre Rohani/Hollande à New York en marge de l'assemblée générale de l'ONU et l'entretien des diplomates français avec le député du Hezbollah, c'est peut-être l'heure d'un retour au réalisme. Pour revenir dans le jeu ?
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