Après la libération de Sophie Pétronin, à l'issue de quatre ans de captivité au Mali, quels sont les autres otages français qui ont enduré de longues et difficiles périodes de détention ? Depuis l'ethnologue Françoise Claustre, jusqu'à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, rappel à rebours du temps.

Sophie Pétronin lors de son arrivée à l'aéroport militaire de Villacoublay en présence d'Emmanuel Macron
Sophie Pétronin lors de son arrivée à l'aéroport militaire de Villacoublay en présence d'Emmanuel Macron © Radio France / Nathanael charbonnier

Sophie Pétronin, tout juste libérée : 1384 jours

Le 24 décembre 2016, Sophie Pétronin, vivant au Mali depuis une quinzaine d'années, est enlevée par des hommes armés à Gao, dans le cadre de la mission humanitaire d'aide aux enfants qu'elle menait au Mali. Libérée ce 8 octobre, elle dit aujourd'hui vouloir s'assurer que l'organisation qu'elle dirigeait continue à fonctionner.

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, libérés en 2011 : 546 jours 

Stéphane Taponier (droite) et Hervé Ghesquière (gauche)
Stéphane Taponier (droite) et Hervé Ghesquière (gauche) © AFP / .

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier étaient en reportage pour le magazine télé "Pièces à conviction" en Afghanistan en 2009. Ils sont été capturés le 30 décembre avec leurs trois accompagnateurs afghans par un groupe taliban, et libérés le 29 juin 2011. Hervé Ghesquière est mort des suites d'un cancer en juin 2017.

Ingrid Betancourt, libérée en 2008 : 2321 jours

Ingrid Bétancourt en 2019
Ingrid Bétancourt en 2019 © AFP / .

La Franco-colombienne Ingrid Betancourt était candidate à la présidentielle colombienne en 2002, quand elle a été enlevée par les FARC (Forces armées révolutionnaires). Elle est restée en captivité pendant plus de six ans. Du 23 février 2002 au 2 juillet 2008, elle a vécu dans la jungle colombienne et a fait plusieurs tentatives d'évasion. C'est à la suite d'une opération de l'armée colombienne, qu'elle a été libérée avec 14 autres otages. Elle a renoncé à la politique et étudie désormais en Angleterre la théologie de la libération. 

Jean-Louis Normandin, libéré en 1987 : 629 jours 

Jean-Louis Normandin
Jean-Louis Normandin © AFP / .

Jean-Louis Normandin était reporter de la chaine de télé France 2 quand il a été enlevé au Liban le 8 mars 1986. Il a été détenu durant 628 jours, par un groupe terroriste, l'OJR (Organisation de la Justice Révolutionnaire), jusqu'au 27 novembre 1987. Il enquêtait sur l'affaire des otages du Liban, c'est-à-dire les circonstances de la mort du chercheur Michel Seurat, et a été enlevé avec les autres membres de son équipe. Philippe Rochot, Georges Hansen et Aurel Cornea. Rochot et Hansen seront eux libérés trois mois et demi plus tard, le 20 juin. Le journaliste Aurel Cornea a été libéré 292 jours plus tard, le 24 décembre. Jean-Louis Normandin a co-fondé l’association Otages du Monde en 2004. Il en est le président depuis fin 2010.

Marcel Carton, Marcel Fontaine et Jean-Paul Kauffmann, libérés en 1988 : 1078 et 1139 jours

Jean-Paul Kauffmann(centre), Marcel Carton (à gauche) et Marcel Fontaine (à droite)
Jean-Paul Kauffmann(centre), Marcel Carton (à gauche) et Marcel Fontaine (à droite) © AFP / .

Jean-Paul Kauffmann a été enlevé le 22 mai 1985 alors qu'il était en reportage à Beyrouth pour l'Évènement du jeudi, en compagnie de Michel Seurat. Ils ont été ensuite réunis avec deux autres captifs, les diplomates Marcel Carton et Marcel Fontaine, enlevés le 22 mars précédent . Détenu pendant presque trois ans, Jean-Paul Kauffmann a été libéré, comme les autres Français, le 4 mai 1988 avec d'autres otages. Après sa libération, il est devenu écrivain, récompensé notamment par le Prix de la langue française pour l'ensemble de son œuvre en 2009.

Pierre Claustre et Françoise Claustre, libérés en 1977 : 517 et 1016 jours

Françoise Claustre à l'hôpital Purpan de Toulouse après sa libération
Françoise Claustre à l'hôpital Purpan de Toulouse après sa libération © AFP / .

L'ethnologue et archéologue Françoise Claustre, spécialiste du Tchad, le coopérant Marc Combe et Christoph Staewen, un Allemand, ont été enlevés le 21 avril 1974 dans le Tibesti par les rebelles des tribus nomades menés par Hissène Habré. Dr Christophe Staewen a été rapidement libéré. Marc Combe a réussi à s'enfuir en 1975. L'époux de Françoise Claustre, Pierre, s'est fait capturer par la suite, le 2 septembre 1975, en tentant de négocier directement avec les ravisseurs. Le couple a été libéré le 31 janvier 1977, à Tripoli en Libye. Françoise Claustre a ensuite poursuivi son travail d'ethnologue au centre d'anthropologie de Toulouse et au musée d'archéologie de Céret.

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