[scald=64021:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Trois travailleurs humanitaires français otages au Yémen depuis près de six mois ont été libérés en bonne santé, transférés à Oman et devaient être rapatriés à Paris rapidement, ont annoncé les autorités françaises.

Une rançon a été payée, a affirmé à Reuters une source tribale yéménite.

Le ministère des Affaires étrangères français dément. "Vous connaissez la position de la France : nous ne payons pas de rançon", a dit Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay.

Les trois otages - deux femmes et un homme - travaillent pour Triangle Génération Humanitaire, une ONG basée à Lyon et présente au Yémen depuis 1998.

Ils avaient été enlevés le 28 mai à la sortie d'un restaurant de Seyoun, dans la province d'Hadramout, par des ravisseurs inconnus.

"Le président de la République a été informé ce (dimanche) soir de la libération des trois travailleurs humanitaires retenus au Yémen depuis le 28 mai 2011", annonce la présidence dans un communiqué.

Le chef de l'Etat a remercié "chaleureusement le sultan d'Oman et les autorités omanaises pour leur aide déterminante, ainsi que toutes les personnes ayant contribué à cet heureux dénouement." La France n'a donné aucune précision sur les conditions de la libération.

Selon une source tribale yéménite, le sultanat d'Oman a négocié avec les ravisseurs et leur a versé une rançon d'un montant inconnu au nom des autorités françaises.

Les trois ex-otages sont en bonne santé et ont été amenés à Mascate, la capitale d'Oman, a-t-on ajouté de même source.

Le sultanat d'Oman avait déjà joué un rôle de premier plan dans la libération de trois Américains condamnés pour espionnage en Iran après être entrés sur le territoire iranien en provenance d'Irak.

VIDÉO

Le Parti socialiste français a salué la libération des otages, sans faire de déclaration sur le problème du paiement d'une éventuelle rançon.

Le dirigeant de Triangle, Christian Lombard, a déclaré lundi matin sur France Info que ses employés devraient être rapatriés d'ici mercredi à Paris. Il a dit par ailleurs ignorer si une rançon avait été versée.

"On n'a aucun détail sur la manière dont ça s'est passé", a-t-il dit. Triangle ne reprendra pas d'activités au Yémen dans l'immédiat, a-t-il ajouté. L'ONG y assurait un programme de développement agricole et les trois employés enlevés oeuvraient à la reprise d'une activité au bénéfice de 130.000 personnes.

Un site internet yéménite avait diffusé à la mi-septembre une vidéo montrant les trois otages.

"Nous sommes otages depuis 102 jours et les gouvernements français et yéménite ne semblent pas se préoccuper de notre situation et ne font rien pour mettre un terme à notre captivité alors qu'ils sont au courant des revendications", disait l'homme, entouré des deux femmes, sur cette vidéo mise en ligne par le site Al-Masdar.

"Pourquoi ce délaissement? Nous nous adressons au peuple français, aux organisations des droits de l'homme", ajoutait-il.

Les enlèvements d'Occidentaux, touristes ou travailleurs humanitaires, sont fréquents au Yémen. Des tribus tentent d'obtenir de cette manière des rançons ou des concessions de la part du gouvernement.

La plupart du temps, les otages sont relâchés sains et saufs. La donne a toutefois changé cette année depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh.

Gregory Schwartz et Thierry Lévêque à Paris, avec Mohammed Ghobari à Sanaa, édité par Yves Clarisse

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