Les deux chefs rivaux, réunis mardi à la Celle Saint Cloud à l'initiative d'Emmanuel Macron, se sont engagés à un cessez-le-feu dans leur pays plongé en plein chaos depuis 6 ans

Fayez Seraj et Khalifa Haftar adoptent pour la première fois une déclaration commune en vue d'une sortie de crise
Fayez Seraj et Khalifa Haftar adoptent pour la première fois une déclaration commune en vue d'une sortie de crise © Radio France / Christian Chesnot

Emmanuel Macron a salué "le courage historique" des deux rivaux Fayez Seraj et Khalifa Haftar, de prendre le risque d’œuvrer ensemble à la paix. L'un disposant de la "légitimité politique" et l'autre de la "légitimité militair"e et qui peuvent donc "rassembler autour d'eux les autres factions en Libye", a dit le président lors de la conférence de presse qui a clos le sommet mardi en fin de journée.

Les deux hommes forts de Libye, ont adopté (mais non signé) une déclaration commune en dix points, en vue d'une sortie de crise, qui prévoit notamment un cessez-le-feu et l'organisation d'élections au printemps 2018. Avec cet accord, les deux leaders peuvent "devenir les symboles de la réconciliation nationale" pour le peuple libyen selon Emmanuel Macron.

Les explications de Christian Chesnot

Organisée sous les auspices du président français, qui a fait de la Libye une de ses priorités diplomatiques, la rencontre entre les deux hommes est la première qui aboutit à un résultat. Les précédentes tentatives de parvenir à une déclaration commune s'étaient jusqu'à présent heurtées aux divisions internes et aux rivalités entre groupes armés qui se disputent le contrôle du pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

La France aura donc réussi sa médiation entre deux hommes que tout divise

Fayez Seraj, 57 ans, est le chef du gouvernement d'union nationale, une instance fragile reconnue par l'ONU. Dans son palais de Tripoli, le Premier ministre vit sous haute protection et s'appuie sur une garde prétorienne et des milices locales. En 2016, il a été victime d'une tentative d'assassinat. Tous ses efforts visent à gagner le maximum de soutien politique de la part de la communauté internationale.

Le maréchal Khalifa Hafar, 74 ans, contestait jusqu'ici l'autorité de Fayez Seraj. Le militaire contrôle Benghazi, Tobrouk mais surtout Ras Lanouf, principal port pétrolier du pays. Dans son combat, il peut compter sur l'appui de l'Egypte, des Emirats arabes unis mais aussi celui de la Russie.

L'initiative française a fait grincer des dents en Italie, longtemps en pointe des efforts pour ramener la paix dans son ancienne colonie d'Afrique du Nord, même si Emmanuel Macron a déclaré ce lundi que cela s'inscrivait dans les initiatives menées par l'Union Européenne.

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