Il y a quelques jours, l'UNESCO lançait un appel "à l'arrêt immédiat des destructions de sites soufis en Libye." Des groupes de salafistes s'en sont pris à des mausolées de saints musulmans et saccagés des bibliothèques à Zliten, Misrata et Tripoli.

Ces groupes radicaux sont certes minoritaires mais puissamment armés. Les nouvelles autorités libyennes ont d'ailleurs fait savoir qu'elles n'engageraient pas une confrontation militaire avec ces fondamentalistes musulmans. Pourquoi les salafistes s'en prennnent-ils aux sites soufis ? C'est d'abord une querelle doctrinale au sein de l'Islam.

Jean-Yves Moisseron, chercheur au Collège international des sciences du territoire et rédacteur en chef de la revue Maghreb-Machrek

Dans le monde arabe en ébullition, les fondamentalistes sunnites se sentent pousser des ailes et passent à l'offensive contre tous ceux qui ne respectent pas la plus stricte orthodoxie religieuse. En Tunisie, des salafistes ont empêché en août dernier la tenue du concert d'une troupe iranienne lors du festival de Kairouan, estimant que la confession chiite de ces Iraniens constituait une atteinte au sacré. En Syrie, les fondamentalistes sunnites ressortent la fatwa d'Ibn Taymiya qui considère les alaouites comme des infidèles et appelle à leur liquidation.

Ces salafistes ne représentent qu'une minorité dans le monde arabe. Une partie d'entre eux est "quiétiste" et reste volontairement à la marge du champ politique, mais une autre - la tendance "djihadiste" - est très active et souvent armée. Tout l'enjeu est de savoir si ces militants radicaux rentreront dans le rang assez vite ou seront les grands perturbateurs des transitions politiques en cours ?

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