Il avait obtenu le prix Nobel de la paix depuis sa prison en Chine, où il est resté huit ans avant une libération pour raisons médicales. L'opposant chinois est mort d'un cancer.

Portrait de Liu Xiaobo brandi devant l'ambassade de Chine à Oslo, en 2010
Portrait de Liu Xiaobo brandi devant l'ambassade de Chine à Oslo, en 2010 © Reuters / Toby Melville

Paradoxalement, l'image qu'on retiendra peut-être le plus de Liu Xiaobo, c'est une chaise vide. Celle qui l'a représenté symboliquement en 2010 à Oslo, au moment de l'attribution de son prix Nobel de la Paix. Dans un texte lu au moment de cette cérémonie, il assurait n'avoir "ni ennemis ni haine" et souhaitait "répondre à l'hostilité du régime par la bonne volonté, et à la haine par l'amour".

Une attitude qui lui avait parfois valu le surnom de "Mandela chinois" (contesté par les autorités), tant il y a de similitudes entre le parcours de cet opposant régulièrement arrêté par le pouvoir chinois et celui de l'ancien prisonnier devenu le premier président noir sud-africain.

Des années de militantisme (et de prison)

Liu Xiaobo a d'abord été une figure de proue du mouvement démocratique de la place Tianenmen en 1989, gréviste de la faim , arrêté et emprisonné pendant un an et demi sans être condamné avant de partir pour un camp de rééduction "par le travail" entre 1996 et 1999. En 2009, après avoir participé à la rédaction d'une charte appelant au respect de la liberté d'expression et à l'instauration d'élections en Chine, il est condamné à 11 ans de prison pour "subversion".

En mai dernier, il est diagnostiqué d'un cancer du foie en phase terminale, poussant les autorités chinoises à lui accorder une remise en liberté conditionnelle. Depuis, sa famille et plusieurs médecins réclamaient son départ de Chine pour être soigné aux États-Unis ou en Allemagne. Un départ qui lui aura été refusé jusqu'au bout.

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