Centre de rétention du Bois de Vincennes en 2008
Centre de rétention du Bois de Vincennes en 2008 © Maxppp / Aurelie Audureau

Cette Chinoise de cinquante deux ans, en situation irrégulière, souffre d'un cancer du colon "très avancé". Cette immigrante a passé pendant près d'un mois au centre de rétention administrative de Cornebarrieu, près de Toulouse.

C'est la fin de plusieurs jours d'incertitude et de procédure.

Son état de santé nécessite un traitement lourd.

Madame Wu, 52 ans, est chinoise. Installée en Espagne depuis sept ans, on lui diagnostique un cancer qu'elle ne peut pas se faire enlever, faut de moyens financiers. En route pour l'Italie, où elle veut se rendre chez sa fille et se faire soigner, Madame Wu se fait arrêter le 10 juillet à la frontière, au Perthus. La préfecture des Pyrénées orientales ordonne son expulsion vers la Chine. En attendant, elle est placée en rétention administrative près de Toulouse.

Léo Claus de l'association La Cimade suit de près ce dossier :

Libération à titre humanitaire

La mesure d'expulsion doit être appliquée le 31 juillet. La semaine dernière, Madame Wu, à bout de forces, semble se résigner à son expulsion vers la Chine. Mais en transit à Paris, elle refuse d'embarquer dans le vol pour Pékin. C'est à nouveau le centre de rétention où elle passe trois jours sans être vue par un médecin, alors que son état de santé est extrèmement grave.

Le ministère de l'intérieur décide finalement de la libérer, lundi après-midi, à titre humanitaire.

Les précisions de Corinne Audouin :

Le temps presse. Madame Wu reçoit toutes ces semaines le soutien d'une association, la Cimade, qui s'occupe des droits des migrants et réfugiés. Ses militants souhaitent que la quinquagénaire puisse bénéficier d'un"accompagnement médical décent" dans un communiqué :

Sa place n’est pas derrière les barreaux. (...) Madame Wu doit pouvoir se faire soigner dans la dignité et accompagnée par ses proches.

La Chinoise est finalement libérée. Mais un problème demeure. Elle ne connait personne à Paris et son état de santé reste préoccupant. Léo Claus de la Cimade suit de près ce dossier :

Elle se retrouve comme n'importe quel sans papier. Libre certes, mais sur le trottoir à Paris. Donc il va falloir bien sûr que le réseau associatif se mobilise. D'abord pour l'héberger. Après, c'est elle qui va voir ce qu'elle veut faire. Soit partir se rapprocher d'un membre de sa famille qui habiterait en Italie, voir si elle est peut être prise en charge médicalement parce que c'est çà l'urgent. Soit essayer de se faire soigner en France. Je vous rappelle qu'elle a une maladie grave et avancée. Elle est totalement à bout de force.

Cela ne lui donne pas pour autant le droit de rester en France, ni de s'y faire soigner. Madame Wu dispose de sept jours pour quitter le territoire, et reprendre son voyage vers l'Italie. Prise en charge par une association, elle a dormi hier soir dans un hôtel parisien. Epuisée par ce périple pour trouver un endroit où se soigner, et terminer sa vie.

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