Mariano Rajoy a demandé samedi au Sénat de voter la destitution du président catalan et l'organisation de nouvelles élections régionales dans les six mois.

Le Sénat, dont la majorité est acquise par le parti de Mariano Rajoy, devra décider si elle valide la destitution du président catalan, comme le demande le chef du gouvernement espagnol
Le Sénat, dont la majorité est acquise par le parti de Mariano Rajoy, devra décider si elle valide la destitution du président catalan, comme le demande le chef du gouvernement espagnol © AFP / GABRIEL BOUYS

"On ne suspend pas l'autonomie de la Catalogne, on destitue les personnes qui ont placé cet auto-gouvernement en dehors de la loi." Ce samedi, réuni en conseil extraordinaire des ministres, le gouvernement espagnol a décidé de demander au Sénat la fin du mandat du président catalan, Carles Puigdemont et de l'exécutif catalan et demande la tenue de nouvelles élections régionales en Catalogne dans les six mois.

"Nous demanderons au Sénat, dans le but de protéger l'intérêt général de la nation, d'autoriser le gouvernement à limoger le président (de la Généralité de Catalogne Carles Puigdemont) et son gouvernement", a-t-il précisé.

Ce cas de figure, inédit, était largement attendu avec l'invocation de l'article 155 de la constitution espagnole de 1978, une mesure jamais appliquée, alors que la situation reste bloquée, depuis le référendum jugé illégal par Madrid par lequel des millions de Catalans ont voté en faveur de l'indépendance de la région.

Décision le 27 octobre

C'est désormais au Sénat de trancher. Un vote par la chambre haute espagnole devrait avoir lieu le 27 octobre, mais la majorité y est détenue par le parti populaire de Rajoy, ce qui laisse peu de doutes sur l'issue du scrutin.

En cas d'acceptation de la demande de Mariano Rajoy, les prérogatives du Parlement de Catalogne seront encadrées et les pouvoirs de l'administration catalanes transférés au gouvernement central, à Madrid.

Après l'annonce de sa destitution par le Premier ministre espagnol, le président du gouvernement catalan Carles Puigdemont a dénoncé samedi soir "la pire attaque" contre sa région depuis la dictature de Francisco Franco. Le président indépendantiste juge les demandes de Mariano Rajoy "incompatibles avec une attitude démocratique" et "incompatibles avec l'État de droit".

Avant de répliquer, Carles Puigdemont veut réunir le parlement régional en séance plénière pour débattre de la réponse à apporter aux autorités espagnoles.

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