Le néerlandais Victor Gevers s'était connecté au compte Twitter du président américain Donald Trump. Son geste n'est pas passible de poursuites selon la justice néerlandaise qui le reconnait comme un hackeur éthique.

Donald Trump en juin 2020
Donald Trump en juin 2020 © AFP / .

Maga2020, pour Make America Great Again, le slogan de campagne de Donald Trump, voilà le mot de passe, sans double vérification, que le président des États-Unis avait choisi pour verrouiller son compte Twitter. C'était donc un jeu d'enfants pour le néerlandais Victor Gevers, pirate informatique éthique, d'entrer sur le fil de Donald Trump en octobre dernier. 

Cette entrée en douce sur le compte du président de la première puissance mondiale n'est "pas passible de poursuites", a estimé mercredi le Ministère public néerlandais.
"C'est la conclusion du Ministère public après une enquête de l'équipe des crimes de technologies de pointe de la police nationale", a-t-il déclaré dans un communiqué.  

"Après être parvenu à se connecter, le Néerlandais a tenté d'entrer en contact avec les autorités américaines afin de leur signaler la vulnérabilité" de l'accès au compte du président, selon le ministère public. "Il s'est ainsi identifié et leur a donné des conseils afin de remédier à cette vulnérabilité", a-t-il ajouté.

L'homme de 44 ans avait par la suite indiqué à la police néerlandaise avoir voulu vérifier la robustesse du mot de passe de Donald Trump, souhaitant éviter un piratage de son compte juste avant les élections, en raison "d'enjeux importants", selon le ministère public.

Le hackeur ne s'est pas fait passer pour Trump

La Maison-Blanche avait nié la connexion du hackeur, alors que Twitter indiquait ne pas détenir de preuves de l'ouverture d'une session depuis l'extérieur. "Aux Pays-Bas, le piratage est passible de poursuites", rappelle le Ministère public qui explique ainsi pourquoi une enquête avait été ouverte aux Pays-Bas à l'encontre du hackeur néerlandais.

Cependant, il juge que dans certaines "circonstances particulières", des poursuites ne sont pas de mise.

Selon les autorités néerlandaises, le hackeur a en effet accédé au compte Twitter de Donald Trump, mais en "respectant des critères développés par la jurisprudence" et qui font de lui "un hackeur éthique". Et il n'a pas twitté en se faisant passer pour le président américain.
"Les autorités américaines ont été informées" des résultats de l'enquête néerlandaise, conclut le ministère public. Victor Gevers avait raconté son aventure dans une interview publiée le 22 octobre dans le mensuel Vrij Nederland.

Il dit avoir essayé plusieurs mots de passe comme "MakeAmericaGreatAgain" avant d'entrer "maga2020", la contraction du slogan de Donald Trump qui lui a donné accès au compte, avait-il déclaré au journal néerlandais. "Je m'attendais à être bloqué après quatre tentatives infructueuses". Gevers a aussi expliqué au journal qu'il avait tenté d'alerter les autorités américaines et avait finalement été contacté par les services secrets qui l'ont remercié d'avoir porté la faille de sécurité à leur attention. Ce n’était pas la première fois que Gevers avait accès au compte Twitter du président: en 2016, lui et deux autres ont deviné le mot de passe de Trump, qui à l’époque était «vous êtes viré» - le slogan de la télé-réalité The Apprentice.