Depuis une semaine, la Centrafrique est touchée par les inondations les plus graves de ces vingt dernières années, en raison d'une crue sans précédent du fleuve Oubangui. Selon la Croix-Rouge, ces intempéries ont détruit plusieurs milliers de maisons et mis au moins 28 000 personnes à la rue.

Une maison submergée, près de Bangui, le 28 octobre
Une maison submergée, près de Bangui, le 28 octobre © AFP / Florent Vergnes

La Centrafrique connait des intempéries inédites en 20 ans : en une semaine, la montée des eaux a ravagé plusieurs villes et villages de ce pays, l'un des plus pauvres du monde. 

Les inondations sont les plus graves depuis 20 ans en Centrafraique. Ici, l'hôtel Oubangui inondé.
Les inondations sont les plus graves depuis 20 ans en Centrafraique. Ici, l'hôtel Oubangui inondé. © AFP / Florent Vergnes

Ces inondations record sont liées à la conjonction de deux phénomènes : tous les dix ans, l'Oubangui, principale rivière du pays, connaît une crue importante. Mais cette année, cette crue a été aggravée par des pluies incessantes pendant plusieurs jours. Ainsi, le phénomène d'inondations est plus grave qu'en 1999, où d'importantes inondations avaient déjà eu lieu. 

Une rue commerçante de Bangui sous les eaux
Une rue commerçante de Bangui sous les eaux © AFP / Florent Vergnes

Conséquence de ces crues majeures : des quartiers entiers de la capitale, Bangui, ont été balayés par les eaux et se sont transformés en marécages. Les maisons construites en terre ont été totalement détruites, mettant à la rue des dizaines de milliers d'habitants. "Aujourd'hui, notre pays, pas seulement la ville de Bangui, fait face à une grande catastrophe naturelle", a déclaré Ange-Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement. 

Cet habitant revient dans les ruines de sa maison, saccagée par les eaux
Cet habitant revient dans les ruines de sa maison, saccagée par les eaux © AFP / Florent Vergnes

Dans les rues de Bangui, les taxis ont fait place aux pirogues pour transporter les habitants. "Cela s'ajoute à la grande pauvreté de nos concitoyens", selon la Croix-Rouge, qui estime qu'au moins 28 000 personnes se sont retrouvées sans abri

Un étudiant dans les rues de Bangui, après les inondations
Un étudiant dans les rues de Bangui, après les inondations © AFP / Florent Vergnes

La Croix-Rouge qui rappelle que depuis 2013, la guerre civile a déjà forcé 4,7 millions de Centrafricains à quitter leur maison de ce pays, dont deux tiers sont occupés par des groupes armés rebelles. 

Pour fuir les eaux, les habitants ont trouvé refuge dans des maisons qui avaient été détruites par la guerre civile.
Pour fuir les eaux, les habitants ont trouvé refuge dans des maisons qui avaient été détruites par la guerre civile. © AFP / Florent Vergnes

Risques de choléra

Aux alentours de Bangui, certains des habitants qui ont dû fuir leur maison à cause des inondations se sont réfugiés dans les maisons en partie détruites par la guerre civile.

Ce pêcheur, obligé de quitter son logement, se réfugie dans une maison détruite par la guerre civile
Ce pêcheur, obligé de quitter son logement, se réfugie dans une maison détruite par la guerre civile © AFP / FLORENT VERGNES

Certains des quartiers ne sont plus habitables : dans les arrondissements les plus touchés de Bangui, il y a des problèmes d'eau potable, d'évacuation des latrines, ou encore de moustiques, "et des risques d'épidémie telles que le choléra", selon le porte-parole du gouvernement, qui a ajouté : "Nous n'avons pas de structure pour accueillir les gens, mais nous attendons que les ONG nous proposent des tentes, des abris, afin de sécuriser les personnes".

Les sinistrés des inondations dans l'attente de l'arrivée d'aide humanitaire
Les sinistrés des inondations dans l'attente de l'arrivée d'aide humanitaire © AFP / Florent Vergnes
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.