Le crash de la Malaysian
Le crash de la Malaysian © Radio France

La piste terroriste est envisagée au sujet de la disparition d'un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines au-dessus de la mer de Chine méridionale. 239 personnes étaient à bord, dont quatre Français.

Alors que l'avion reste introuvable plus de 24 heures après avoir disparu et que la compagnie dit "craindre le pire", le ministre malaisien des Transports a précisé que des vérifications étaient en cours au sujet de quatre passagers susceptibles d'avoir embarqué à l'aide de faux papiers d'identité. L'Autriche et l'Italie ont souligné dès samedi que l'Autrichien et l'Italien figurant sur la liste des passagers ne se trouvaient pas à bord de l'appareil et que leurs passeports avaient été volés en Thaïlande. Le ministre malaisien des Transports a déclaré dimanche que les enquêteurs vérifiaient l'identité de deux autres passagers. Un responsable malaisien s'exprimant sous le sceau de l'anonymat a déclaré que les enquêteurs examinaient les images de deux passagers prises à l'aéroport par les caméras de surveillance. Selon le ministre malaisien des Transports (et de la Défense) Hishamuddin Hussein :

Nous examinons toutes les hypothèses. Ne brûlons pas les étapes. Notre priorité pour le moment est de trouver l'avion.

Les conditions météorologiques semblaient bonnes et l'appareil n'a émis aucun signal de détresse avant de disparaître soudainement samedi matin une heure après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin. Le chef de l'armée de l'air malaisienne a contribué dimanche à épaissir le mystère en déclarant que, selon les enregistrements radars, l'avion pourrait avoir fait demi-tour avant de disparaître et que la zone de recherche avait été élargie à la côte occidentale de la Malaisie.

La correpondance de Carrie Nooten pour RFI à Kuala-Lumpur

L'appareil se serait désintégré

Les enquêteurs évoquent la possibilité d'une désintégration en vol de l'appareil, a-t-on appris dimanche de source proche de l'enquête à Kuala Lumpur. Selon cette source :

Le fait que nous soyons toujours incapables de trouver des débris semble indiquer que l'appareil s'est probablement désintégré à environ 35 000 pieds.

Un avion de l'aéronavale vietnamienne a repéré en mer un objet qui pourrait appartenir au Boeing disparu avec 239 personnes à son bord, annonce l'Aviation civile du Viêtnam sur son site internet. Il faisait cependant trop sombre pour avoir une certitude et des navires de recherche vont être dépêchés sur place, au large des côtes sud du Viêtnam, dans la matinée.

Des nappes d'hydrocarbure ?

Quarante bateaux et 22 aéronefs participent désormais aux recherches, a dit l'armée malaisienne. Des navires de la marine vietnamienne patrouillent dans les eaux du golfe de Thaïlande à la recherche de débris. Ils se concentrent notamment sur le secteur où des nappes de carburant ont été repérées par des avions patrouilleurs juste avant la tombée de la nuit samedi, à environ 150 milles nautiques (270 km) à l'ouest de l'île de Tho Chu. Selon l'amiral Ngo Van Phat :

Nos deux bateaux de secours ont approché les deux nappes d'hydrocarbures depuis 03h00 aujourd'hui mais nous n'avons pas encore trouvé la moindre trace de l'avion malaisien.

La Chine et les Philippines ont aussi déployé des navires tandis que les Etats-Unis, les Philippines et Singapour ont envoyé des avions militaires participer aux recherches.

Aucune preuve d'un acte terroriste

Des proches des victimes de l'avion de la Malaysian
Des proches des victimes de l'avion de la Malaysian © REUTERS/Zulfadhli Zaki / REUTERS/Zulfadhli Zaki

Parmi les 227 passagers figurent une majorité de Chinois (154) et des ressortissants d'au moins 11 autres pays, dont 38 Malaisiens, six Australiens, quatre Français et trois Américains.

Les passagers français, une mère, ses deux enfants et une de leurs connaissances, voyageaient ensemble, a indiqué l'entourage de la ministre des Français de l'étranger, qui a précisé que les trois jeunes sont élèves au lycée français de Pékin. Paris a proposé son aide pour les recherches.

Des responsables européens et américains des questions de sécurité soulignent qu'il n'existe pour le moment aucune preuve d'un acte terroriste et jugent que l'utilisation des passeports volés peut avoir d'autres explications. La présence de deux passagers munis de faux passeports soutient fortement l'hypothèse d'un attentat, pense en revanche John Goglia, qui a exercé des responsabilités au sein de l'agence américaine des Transports. "Il y a là un gros chiffon rouge", a-t-il dit.

Le dernier contact avec le vol MH370 a eu lieu à 120 milles nautiques au large de Kota Bharu, sur la côte orientale de la Malaisie continentale, près du golfe de Thaïlande, précise Malaysia Airlines, qui, en matière de sécurité, présente l'un des meilleurs bilans des compagnies de la région. Selon le site flightaware.com, qui suit le trafic aérien, l'appareil a pris la direction du nord-est après son décollage puis a atteint l'altitude de 35 000 pieds (10 660 mètres) et continuait de monter lorsqu'il a disparu.

La disparition de l'appareil malaisien rappelle celle du vol 447 d'Air France qui assurait la liaison Rio de Janeiro-Paris le 1er juin 2009. L'Airbus A330 s'était abîmé dans l'Atlantique. De premiers débris ne furent retrouvés que deux jours plus tard.

Il s'agit probablement de l'accident le plus grave d'un Boeing 777-200ER depuis son entrée en service en 1995. Un Boeing 777-200ER d'Asiana Airlines s'était écrasé à l'atterrissage à San Francisco le 6 juillet 2013. Trois passagers avaient péri et plus de 180 autres personnes avaient été blessées dans l'accident.

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