Pendant qu'en France, on reçoit le président égyptien Abdel Fatah el Sissi, au Caire, les femmes sont plus que jamais victimes de violences.

Ces violences que subissent les femmes sont racontées dans un film "Bus 678", où les égyptiennes, victimes de harcèlement sexuel, décident de répondre par la violence à ce qu'elles subissent
Ces violences que subissent les femmes sont racontées dans un film "Bus 678", où les égyptiennes, victimes de harcèlement sexuel, décident de répondre par la violence à ce qu'elles subissent © Archives du 7eme Art / Photo12

Alors que le président égyptien Abdel Fatah el Sissi est attendu en France pour une visite de trois jours, un rapport accable l'Egypte. Selon la fondation Thomson Reuters, Le Caire est aujourd'hui la ville la plus dangereuse au monde pour les femmes. 

L'excision bien qu'illégale depuis 2008 touche toujours plus de 90% des égyptiennes, chrétiennes et musulmanes. Sans parler des mariages précoces, et surtout des violences et harcèlements sexuels. Rien n'aurait changé depuis la révolution. 

Car en janvier 2011, pourtant, les égyptiennes étaient au premier rang sur les barricades. Au milieu de la foule, qu'importent les tirs, elles brandissaient des drapeaux pour réclamer des droits. 

"Je regarde s'il n'y pas des hommes dans la rue qui pourraient me toucher"

Mais quelques semaines plus tard, sur cette même place, des viols sont filmés et dénoncés par la presse étrangère, montrant au monde un aspect tabou de l'Egypte. Si elle salue la médiatisation croissante, depuis 2011, de ce que vivent les égyptiennes, la féministe Shahinaz el Salam rappelle que ce n'est pas nouveau : "On vit ça depuis mon enfance. J'ai appris vraiment comment marcher dans la rue, je regarde bien s'il n'y a pas des hommes dans cette rue-là qui peuvent me toucher partout, les parties intimes."

Cette situation est presque intégrée par beaucoup, ce qui explique que l'opinion publique ne se soit que peu émue, par exemple, des tests de virginité forcées, pratiquée sur les manifestantes égyptiennes en 2011, par les militaires, sous la direction du général Abdel Fattah el Sissi, désormais président égyptien.

Mais si la parole aujourd'hui s'est libérée sur ces sujets tabou, l'impunité en revanche demeure quasi systématique.

Et les associations des droits humains le soulignent : faire de la rue un endroit dangereux pour les femmes, c'est une arme politique. Tout est fait pour tenter "de garder les femmes isolées, pour qu'elles restent chez elles à la maison" analyse Shahinaz el Salam : "C'est pas seulement le harcèlement, c'est vraiment tout... Le discours religieux, politique, les traditions égyptiennes, l'éducation."

Il n'y a pas si longtemps, un demi-siècle auparavant, Nasser, président égyptien de 1952 à 1970, racontait sa discussion avec les frères musulmans, lesquels lui demandaient d'imposer le voile aux égyptiennes. Un récit qui avait attiré rires et quolibets de l'auditoire, des hommes, "comme si on revenait au temps où c'était la religion qui gouvernait."

Selon la fondation Thomson Reuter, l'Egypte est aujourd'hui le pire pays du monde arabe pour les femmes. Derrière, l'Arabie Saoudite le Yemen ou l'Irak. Triste record.

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