Rencontre IBK-Cissé
Rencontre IBK-Cissé © Compte Facebook d'Ibrahim Boubacar Keïta

Soumaïla Cissé, a reconnu lundi soir sa défaite avant même la publication des résultats du second tour et est allé rencontrer son rival Ibrahim Boubacar Keïta pour le féliciter et lui "souhaiter bonne chance pour le Mali."

Les estimations portant sur 2/3 des bulletins dépouillés donnaient une très large avance à Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, ancien Premier ministre de 68 ans.

"Ma famille et moi-même sommes partis chez M. Keita, futur président du Mali, le féliciter pour sa victoire. Que Dieu bénisse le Mali", a écrit Soumaïla Cissé sur

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tweet IBK
tweet IBK © radio-france

IBK, 68 ans, était le grand favori du second tour de la présidentielle. Il était arrivé largement en tête du premier tour le 28 juillet, avec quasiment 40% des suffrages et 20 points d'avance sur Soumaïla Cissé. Promettant de rétablir l'autorité de l'Etat au Mali, cet ancien Premier ministre a poigne a bénéficié du ralliement du 22 des 25 candidats éliminés au premier tour.

L'absence de contestation de la part de Soumaïla Cissé devrait conférer à Ibrahim Boubacar Keïta l'autorité suffisante pour engager des discussions indispensables sur la préservation de l'unité du Mali, pour réformer l'armée et pour s'attaquer à la corruption.

Aujourd'hui, les maliens sont aussi fiers du vainqueur que du vaincu.

A Bamako, la correspondance de David Baché

Selon Louis Michel, chef de la mission d'observation de l'Union européenne qui a lui-même surveillé le scrutin dans plusieurs bureaux de vote de Bamako, "il n'y a absolument rien de douteux ou de suspect à signaler, ça s'est déroulé dans de bonnes conditions, dans un climat serein, calme". "Celui qui sera élu, sera élu avec la légitimité démocratique, c'est ma conviction", a-t-il ajouté.

Qui est IBK ?

ibrahim boubacar keïta en passe de devenir président du mali
ibrahim boubacar keïta en passe de devenir président du mali © reuters

Originaire du sud, où vivent 90% des 16 millions de Maliens, Ibrahim Boubacar Keïta a mené campagne vêtu le plus souvent d'une djellaba islamique blanche et a courtisé les religieux musulmans modérés. Lui qui s'était abstenu de critiquer ouvertement les putschistes du capitaine Amadou Sanogo au printemps 2012 a aussi gagné le soutien tacite de l'armée. Une stratégie qui a payé, lui permettant de frôler les 40% de voix au premier tour, le 28 juillet dernier et de rallier les soutiens de 22 des 25 candidats éliminés au premier tour.

Michel Galy est chercheur, spécialiste de l'Afrique .Il vient de publier, "la guerre au mali".

L'élection a été une des plus honnêtes du Mali.

Mali : IBK a gagné ?
Mali : IBK a gagné ? © Radio France

Né à Koutiala, dans le sud du Mali, issu du peuple bambara, l'ethnie majoritaire, Ibrahim Boubacar Keïta a étudié les sciences politiques et les relations internationales à l'université de la Sorbonne, à Paris. Après avoir enseigné et travaillé pour des ONG en France, il rentre au Mali en 1986, rejoignant le mouvement démocratique clandestin en lutte contre la dictature de Moussa Traoré.

Membre fondateur de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), son amitié avec Alpha Oumar Konaré, élu à la présidence après le renversement de Traoré en 1991, lui vaut de progresser rapidement dans la hiérarchie du pouvoir. Ambassadeur en Côte d'Ivoire puis ministre des Affairesétrangères, il est finalement nommé Premier ministre, fonction qu'il assume de 1994 à 2000. Il rompt alors avec l'Adema et forme son propre parti, mais échoue lors de l'élection présidentielle de 2002 qui porte Amadou Toumani Touré au pouvoir. En 2007, il est de nouveau battu par à "ATT" mais, avec 19% des voix, devient le premier de ses opposants.

Celui qui a aussi présidé l'Assemblée nationale pendant cinq ans s'élève contre l'accord de paix conclu en 2006 avec les séparatistes touaregs qui aboutit notamment à une démilitarisation partielle du Nord. Cet accord, affirment aujourd'hui ses détracteurs, a été l'un des facteurs de la crise actuelle.

"IBK" devra pourtant négocier une paix durable avec les séparatistes touaregs, aux termes du cessez-le-feu conclu en juin qui oblige le nouvel exécutif à ouvrir des discussions politiques dans les 60 jours suivant sa prise de fonctions.

"Je n'attendrai pas deux mois pour nous réconcilier avec le nord", a-t-il promis dimanche alors qu'il venait de voter.

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