les brésiliens dans la rue
les brésiliens dans la rue © reuters

200 000 personnes ont défilé lundi dans les rues des principales villes du Brésil. Ils protestent contre la qualité des services publics, les violences policières et la corruption. Des manifestations à revivre sur les réseaux sociaux.

Les manifestations, organisées via les réseaux sociaux, ont perturbé le fonctionnement de plus d'une demi-douzaine d'agglomérations parmi lesquelles Rio de Janeiro, Sao Paulo, Brasilia ou encore Belo Horizonte.

Dans la capitale, des manifestants sont montés sur le toit du Congrès avant de pénétrer dans les locaux. Les manifestations se multiplient depuis deux semaines au Brésil en raison d'un ralentissement de l'économie et d'une forte inflation.

Au Brésil, le reportage d'Elodie Touchard

Si la plupart du temps, les défilés se sont déroulés dans une ambiance plutôt festive, des manifestants ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre à Rio, ont incendié une voiture et vandalisé le bâtiment de l'assemblée locale.

La principale manifestation s'est tenue lundi à Rio de Janeiro où 100 000 personnes se sont rassemblées tandis que 65 000 étaient dénombrées à Sao Paulo, ville d'où est partie la contestation.

Ces protestations se déroulent au moment où le pays accueille la Coupe des confédérations, tournoi considéré comme une répétition grandeur nature avant la tenue de la Coupe du monde 2014.

les brésiliens manifestent en masse
les brésiliens manifestent en masse © reuters

Les autorités brésiliennes espèrent que le Mondial puis les Jeux olympiques de 2016 à Rio seront l'occasion d'illustrer la place grandissante du pays, puissance émergente, sur la scène internationale.

"Pendant de nombreuses années, le gouvernement a entretenu la corruption. Les gens manifestent contre le système", a estimé Graciela Caçador, 28 ans, habitante de Sao Paulo.

"Ils ont dépensé des milliards pour construire des stades et rien pour l'éducation ou la santé", a-t-elle ajouté.

Quelles sont les caractéristiques des manifestations ? L'analyse de Frédéric Louault, auteur d'un Atlas du Brésil aux éditions Autrement (au micro de Claire Servajean)

Pour la présidente Dilma Rousseff, ce mouvement de contestation intervient à un moment délicat puisqu'elle tentera de briguer un deuxième mandat l'an prochain dans un contexte économique moins favorable.

Pour l'instant, Rousseff demeure très populaire, en particulier parmi les pauvres et la classe ouvrière, mais sa cote de popularité a commencé à décliner au cours des dernières semaines pour la première fois depuis sa prise de fonction en 2011.

La réaction policière violente lors des manifestations de la semaine passée a ranimé de mauvais souvenirs dans une population qui a connu deux décennies de dictature militaire entre 1964 et 1985.

Face à l'émoi provoqué, le gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Geraldo Alckim, qui avait qualifié les manifestants de "vandales", a demandé aux forces de l'ordre de laisser les défilés se dérouler et de ne pas faire usage de balles en caoutchouc.

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