Manifestation à Lyon en septembre dernier
Manifestation à Lyon en septembre dernier © KONRAD K./SIPA

Ils vont manifester pour le boycott des produits israéliens… en toute illégalité. Les militants de l’Association France Palestine Solidarité organisent ce samedi une quarantaine de manifestations un peu partout en France devant des supermarchés. Leur objectif : appeler les consommateurs à ne pas acheter de produits fabriqués dans les territoires occupés.

Problème : depuis deux arrêts de la Cour de cassation datant du 20 octobre 2015, la France est un des deux pays, avec Israël, où il est illégal et puni d’appeler au boycott des produits israéliens. La Cour de cassation invoque la loi sur la presse. Elle estime que l’appel au boycott des produits israéliens est “une provocation à la discrimination".

Taoufiq Tahani, le Président de l’association France Palestine Solidarité a maintenu la manifestation malgré la décision de justice :

On aura des procès intentés contre nos militants, mais nous sommes dans notre bon droit et on continuera dans le même temps à défendre la liberté d’expression.

C’est un appel à la désobéissance civile qu’explique Antoine Comte, il est l’avocat du mouvement international de boycott des produits israéliens :

La décision met la France dans le rang des pays les plus répressifs sur l’action que peuvent avoir les citoyens pour faire valoir leurs critiques à l’égard de la politique d’un état. C’est très dangereux de criminaliser les citoyens qui s’expriment.

Une position que ne comprend pas Pascal Markowicz. Il est avocat et membre du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Toute liberté d’expression ses limités et l’appel à la discrimination est une limite. Nous sommes un des seuls pays à être aussi en pointe dans la lutte contre les discriminations.

Les partisans du boycott des produits palestiniens ont décidé de porter l’affaire devant la Cour européenne des Droits de l’Homme.

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