La visite du président américain ne se fait pas dans le calme et l'hospitalité. Donald Trump est arrivé lundi à Londres pour une visite officielle. Il a rencontré, sans fausse note, la reine Elizabeth II puis la Première ministre Theresa May, mais sa visite est assez mouvementée.

Le ballon géant à l'effigie de Donald Trump dans les rues de Londres
Le ballon géant à l'effigie de Donald Trump dans les rues de Londres © AFP / TOLGA AKMEN

Après s'être vu dérouler le tapis rouge à Buckingham Palace lundi, au premier jour de sa visite, et avoir échangé des cadeaux avec la Reine, Trump s'est retrouvé confronté ce mardi à des manifestations contre sa politique.

Même avant son arrivée sur le sol britannique lundi, Trump faisait déjà l'objet de plusieurs initiatives visant à dénoncer sa politique, ses prises de position et ses déclarations. Maintenant qu'il est là, les actions anti-Trump continuent.

Manifestations à Londres

Dès lundi, des militants d'Amnesty International ont déployé des banderoles appelant à "résister" à "Trump", au "racisme", au "sexisme" et à la "haine" sur un pont faisant face à l'ambassade des États-Unis. Mais d'autres manifestations ont eu lieu ce mardi.

Manifestation anti-Trump mardi midi à Londres
Manifestation anti-Trump mardi midi à Londres © AFP / Tolga AKMEN
Les Anglais manifestent contre la visite de Trump mardi midi à Londres
Les Anglais manifestent contre la visite de Trump mardi midi à Londres © AFP / ISABEL INFANTES

C'est l'occasion de faire preuve de solidarité avec ceux qu'il a attaqués aux États-Unis, dans le monde entier et dans notre propre pays.

a tweeté le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn.

Manifestation anti-Trump à Londres mardi
Manifestation anti-Trump à Londres mardi © Radio France / Louise Bodet
Un sosie à la manifestation anti-Trump à Londres mardi 4 juin 2019
Un sosie à la manifestation anti-Trump à Londres mardi 4 juin 2019 © Radio France / Louise Bodet

Trollé sur la façade de Big Ben

Ce lundi soir, des militants ont utilisé plusieurs façades, dont celle de la célèbre horloge mais aussi celle de la Tour de Londres, pour y projeter l’image d’une casquette sur laquelle apparaît la silhouette d’un bateau militaire. Il s’agit de l’USS John S. McCain. Pourquoi cette image ? À l'occasion de sa visite au Japon, la semaine dernière, la Maison Blanche avait demandé à ce que le bateau militaire américain nommé en honneur au feu le sénateur soit caché. Car Trump et Mc Cain se détestent.

“Bienvenue à Londres”, a commenté sur Twitter ce groupe britannique, qui s’est fait une spécialité des messages politiques.

Sans oublier un petit rappel chiffré de la côte de popularité de Donald Trump au Royaume-Uni  : 

Des élus boycottent le banquet de Buckingham Palace en raison de sa présence

Il est vrai que Trump a reçu un accueil chaleureux de la part de Buckingham. Mais les honneurs rendus ne sont pas du goût de tous. Le maire de Londres a boycotté le banquet organisé en l'honneur du président américain lundi soir. Ont également boycotté le repas : le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn et le président de la Chambre des communes John Bercow.

D'ailleurs dès dimanche soir, Sadiq Khan, le premier maire musulman de Londres, a estimé sur Sky News que le Royaume-Uni avait tort de "dérouler le tapis rouge" à Donald Trump.

Trump traite le maire de Londres de "loser" : Khan lui répond

Sadiq Khan est d'ailleurs l'une des cibles préférées de Donald Trump. Prônant le multiculturalisme, l'égalité femmes-hommes, il ne s'est jamais gêné pour donner son opinion sur des paroles ou des décisions de Trump.

Après deux tweets assassins du président américain, Sadiq Khan a tenu à s'adresser à Trump via Twitter le jour de son arrivée, notamment sur le droit à l'avortement mis à mal dans plusieurs États américains.

"Cher président Trump, vos valeurs et vos combats n'ont rien à voir avec les idées que nous défendons ici à Londres et dans ce pays. La diversité est une force, pas une faiblesse. Nous respectons les femmes, et pour nous elles sont égales aux hommes etc."

Khan en rajoute une couche, cette fois sur l'immigration :

"Londres est une ville extraordinaire grâce aux immigrants et aux réfugiés qui ont traversé les frontières pour construire une vie meilleure ici."

Avant son arrivée, son ombre planait déjà au dessus de Londres

Un ballon géant à son effigie (mais en bébé geignard), dont l'idée a été lancée en 2018, est devenu le symbole de la contestation britannique contre le président américain, jugé misogyne et xénophobe. Il était apparu lors de manifestations ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes contre sa première visite en juillet 2018. Et il est réapparu le week-end dernier. Le maire de Londres Sadiq Khan a même signé l'autorisation de le faire voler au dessus de la capitale britannique, juste avant l'arrivée de Donald Trump sur le sol anglais. 

La chaine de télé Sky News, de son coté, a fait du ballon géant son outil de promotion (plutôt réussi !) dès le samedi précédant l'arrivée de Trump :

"Devinez qui revient ?"

Un pénis géant l'attend à son arrivée

C'est un adolescent qui en a eu l'idée. Près de l'aéroport de Stansted où l'avion de Trump devait atterrir lundi, il a dessiné un sexe masculin dans l'herbe avec ces mots : "Faites nous coucou quand vous passez au-dessus demain".  Sur un autre message, on peut lire "le changement climatique est une réalité".

Les europhobes, eux, le soutiennent

Signalons tout de même un soutien : l'europhobe Nigel Farage, dont le Parti du Brexit a raflé la mise aux européennes. Il s'est réjoui lundi de la présence de Donald Trump, "un vrai ami du Royaume-Uni". Avant de traverser l'Atlantique, Donald Trump avait déclaré qu'il "pourrait le rencontrer" car ils ont de "très bonnes relations". Il a même tressé des lauriers au leader du Parti du Brexit après sa victoire européenne.

Dans des entretiens avec la presse britannique, Donald Trump a également critiqué la manière dont Theresa May a mené les négociations avec Bruxelles sur le Brexit. Il a recommandé à son futur successeur de quitter l'UE sans accord et fait de l'ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, partisan d'un Brexit dur, son champion pour la remplacer.

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