Sous une pluie battante, des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants ont défilé sans incident notable ce dimanche, lors d’une journée test pour le mouvement, après deux mois de mobilisation contre le gouvernement local.

Avec cette manifestation voulue "pacifique", les organisateurs entendaient démontrer que le mouvement est toujours aussi populaire.
Avec cette manifestation voulue "pacifique", les organisateurs entendaient démontrer que le mouvement est toujours aussi populaire. © AFP / Isaac Lawrence

Les images sont impressionnantes. Sous des parapluies multicolores, des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants ont convergé dimanche vers le parc Victoria, au cœur de l'île de Hong Kong, avant de se diriger vers le centre financier de la ville, bravant ainsi l’interdiction de la police qui n’avait autorisé qu’un rassemblement statique dans le parc. "Hong Kong libre !", "démocratie maintenant", "Hong Kong n'est pas la Chine", a notamment scandé le cortège.

À la nuit tombée, les forces de police qui étaient restées discrètes le long du parcours, se sont déployées à Central, le quartier des affaires, contrôlant les identités, mais sans incident notable. 

Une colère intacte

Avec cette manifestation voulue pacifique, les organisateurs entendaient démontrer que la colère est intacte et le mouvement toujours aussi populaire, malgré les scènes de violences de ces derniers jours. Mardi, lors de l’occupation du hall de l’aéroport international de Chek Lap Kok, des manifestants avaient empêché des voyageurs d’embarquer, puis agressé deux hommes accusés d’être des espions de Pékin. 

De quoi ternir l’image du mouvement de contestation et conforter le pouvoir central chinois qui, après avoir promis "la mort par le feu" aux "criminels", n’a pas hésiter à parler de "terrorisme", tout en faisant planer la menace d’une intervention militaire. Les médias chinois ont ainsi diffusé des images de soldats massés de l’autre côté de la frontière, à Shenzhen.

L’ex-colonie britannique, qui dispose désormais d’une semi-autonomie, traverse actuellement sa crise la plus grave depuis la rétrocession à la Chine en 1997. Avec des actions quasi-quotidiennes, les manifestants hongkongais portent cinq revendications : le retrait du projet de loi permettant les extraditions vers la Chine continentale (à ce jour, il n’est que suspendu), le retrait de la qualification "d’émeutes" pour les manifestations du 12 juin, avec la création d’une commission d’enquête indépendante sur les violences policières, la libération sans poursuites des manifestants arrêtés, la mise en place du suffrage universel et la démission de Carrie Lam, cheffe de l’exécutif hongkongais. 

Les premières manifestations, en juin, avaient rassemblé jusqu’à deux millions de personnes, soit plus d’un quart de la population de Hong Kong. Depuis, plus de 700 manifestants ont été arrêtés.

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