Depuis la manifestation "historique" du 20 juillet, réprimée par les autorités, le calme semble fragile dans le nord du Maroc.

Des centaines de personnes ont manifesté, jeudi 20 juillet, à Al-Hoceïma, au nord du Maroc, pour demander de meilleures conditions de vie
Des centaines de personnes ont manifesté, jeudi 20 juillet, à Al-Hoceïma, au nord du Maroc, pour demander de meilleures conditions de vie © AFP / STRINGER

Ils demandaient des universités, des hôpitaux et des transports en défilant à Al-Hoceïma, dans la région du Rif, au nord du Maroc. Quelques centaines de manifestants ont essuyé des gaz lacrymogènes et des coups de matraques par la police marocaine. Une dizaine d’entre eux ont été arrêtés lors de cette"marche du million". Le nord du Maroc attend désormais le discours du Roi lors de la Fête du Trône, le 30 juillet.

Des manifestants contrôlés et interrogés

Le mouvement s'est développé en octobre dernier après la mort d'un vendeur de poissons, Mouhcine Fikri, broyé dans une benne à ordures où il cherchait à récupérer sa marchandise saisie par la police. Les arrestations se sont ensuite multipliées depuis l'arrestation - le 29 mai - de Nasser Zefzafi, chef de file de la contestation. Selon un dernier bilan officiel, 176 personnes ont été placées en détention préventive. Cent vingt sont actuellement jugées. Des peines allant jusqu'à 20 mois de prison ont été déjà prononcées en première instance.

Des journalistes arrêtés

Parmi ces arrestations figure celle de Hamid El Mahdaoui. Journaliste engagé, il est à la tête du site d'information marocain Badil, soupçonné d'avoir "invité" des personnes à "participer à une manifestation interdite et à contribuer à son organisation", selon le parquet d'Al-Hoceïma. Reporters sans frontières dénonce "l'attitude des autorités marocaines" accusées d'"entraver" la couverture de la contestation. La connexion Internet a été ralentie, parfois interrompue, et le réseau téléphonique perturbé dans toute la ville, souligne RSF.

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