Agées de 16 et 17 ans, elles sont poursuivies à Marrakech pour s'être embrassées. Elles risquent jusqu'à trois ans de prison. Le jugement est attendu ce vendredi.

L'homosexualité reste interdite au Maroc
L'homosexualité reste interdite au Maroc © AFP / OLIVER BUNIC

Le procès de deux mineures, poursuivies par la justice marocaine pour homosexualité, s'est déroulé le vendredi 25 novembre dernier.

Les deux jeunes filles, âgées de 16 et 17 ans, ont été arrêtées le 28 octobre 2016 après avoir été surprises sur le toit d'une maison en train de s'embrasser et de s'enlacer. Elles avaient été dénoncées à la police par l'une des deux familles. Détenues pendant une semaine, elles sont, depuis, en liberté provisoire.

Leur défense est composée maintenant de dix avocats.

Elles risquent trois ans de prison

Le code pénal marocain criminalise "les actes licencieux ou contre-nature avec un individu du même sexe". L' homosexualité y est punissable de six mois à trois ans de prison. Dans un communiqué, une vingtaine d'associations et collectifs, dont l'AMDH, ont condamné l'arrestation des deux jeunes filles, ainsi que "les mauvaises conditions (de détention) et les mauvais traitement durant toutes les étapes de l'affaire".

Sévèrement battues

Elles "ont été sévèrement battues par certains membres de leur famille avant d'être remises à la police, et ont été privées de nourriture pendant trois jours. L'une d'entre elles a été forcée de signer le rapport de police sous la pression et sans être autorisée à en voir le contenu", selon les associations qui les soutiennent.

Ces arrestations "vont à l'encontre des engagements internationaux du Maroc en termes de droits humains", déplorent ces associations. Elles ont demandé aux autorités de "cesser de poursuivre les personnes en raison de leur orientation sexuelle et l'abolition de l'article du code pénal" criminalisant l'homosexualité.

Le Maroc et ses méthodes moyenâgeuses

Le Maroc, un pays de 35 millions d'habitants, a connu plusieurs controverses liées au mœurs ces dernières années. Mais c'est la première fois qu'un cas impliquant des femmes homosexuelles (et non des hommes) défraie ainsi la chronique.

Leîla Slimani, franco-marocaine, Prix Goncourt 2016 pour son roman Chanson douce, s'est très vite positionnée sur le sujet :

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