Depuis dimanche, des milliers de réfugiés affluent dans les deux principaux camps des Nations Unies.
Depuis dimanche, des milliers de réfugiés affluent dans les deux principaux camps des Nations Unies. © MaxPPP / MaxPPP

Des témoins rapportent une série de meurtres ethniques, des exécutions et des viols après des combats il y a plus d'une semaine. Le Conseil de sécurité devrait approuver aujourd’hui l'envoi de plusieurs milliers de Casques bleus supplémentaires.

Seules douze personnes auraient survécu au massacre : c’est ce que deux témoins affirment après avoir été arrêtés parmi quelque 250 hommes par des soldats du gouvernement. Ils auraient ensuite été conduits dans un poste de police de la capitale Juba, où les exécutions ont eu lieu. Les deux témoins, qui ont été blessés, ont réussi à s'enfuir et ont trouvé refuge dans une base des Nations Unies à Juba.

45.000 civils sud-soudanais réfugiés dans les bases onusiennes

Selon eux, seuls douze hommes ont survécu au massacre. Les témoignages de plusieurs autres personnes ont également décrit des actes de violence ethniques accompagnés de meurtres et de viols commis depuis le 15 décembre. L’ONU indique qu’au moins 45.000 civils sud-soudanais se sont réfugiés dans ses bases, alors que les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles de l'ex-vice président Riek Machar touchent désormais la moitié des 10 Etats du pays.

Ban Ki-moon recommande d’envoyer 5.500 soldats supplémentaires

Le Conseil de sécurité devrait approuver aujourd’hui l'envoi de plusieurs milliers de Casques bleus supplémentaires pour renforcer la mission de l'ONU au Soudan du Sud et lui permettre de mieux protéger les civils, ont indiqué des diplomates. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait recommandé peu avant d'envoyer 5.500 soldats et 423 policiers supplémentaires, qui s'ajouteront aux quelques 7.000 Casques bleus et 700 policiers de la Minuss.

Epuration ethnique

Des affrontements dans cette nation la plus jeune du monde opposent depuis le 15 décembre les troupes fidèles au président Salva Kiir à celles de son rival Riek Machar, l'ancien vice-président éjecté en juillet. Salva Kiir accuse Riek Machar de coup d'Etat alors que ce dernier reproche au président d'exploiter les tensions avec l'armée pour effectuer une épuration ethnique. Les rebelles de Machar se sont d'ores et déjà emparés de quelques sites au nord de Juba où des crimes ethniques ont été perpétrés.

> Voir aussi : Un an après la scission, les deux Soudan déjà en guerre

Interception - Soudan du Sud, naissance d’une nation

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