En 2012, ce malien d'une quarantaine d'années a ordonné la destruction de neuf mausolées classés par l'Unesco. Il a été condamné par la Cour pénale internationale.

Des militants islamistes détruisent un mausolée de Tombouctou en 2012.
Des militants islamistes détruisent un mausolée de Tombouctou en 2012. © AFP / STR / AFP

Ahmad al Faqi al Mahdi est responsable d'avoir provoqué pour 2,7 millions d'euros de dégâts dans la cité historique de Tombouctou, a déclaré ce jeudi la CPI, la Cour pénale internationale. "La chambre ordonne des réparations individuelles, collectives et symboliques" a précisé le juge, Raul Cano Pangalangan. La CPI a également ordonné la publication en ligne de ces excuses présentées au cours de son procès et le versement d'un euro symbolique à l'État malien et à la communauté internationale

Neuf mausolées classés à l'Unesco détruits

Le touareg était membre d'Ansar Dine, l'un des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, qui a contrôlé avec d'autres organisations le nord du Mali pendant environ dix mois en 2012. Chef de la Hisbah, la brigade islamique des mœurs, cet homme d'une quarantaine d'années ordonne la destruction de neuf mausolées de Tombouctou et une attaque contre la porte de la mosquée Sidi Yahia, classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Avec des pioches, des houes et des burins, le djihadiste malien participe lui aussi à leur destruction. En janvier 2013, la France lance une une intervention internationale pour les chasser.

Premier procès pour destruction de biens culturels

Son procès est le premier à la CPI pour "destruction de biens culturels". En septembre 2016, le djihadiste malien est condamné à neuf ans de prison pour avoir dirigé les attaques contre les mausolées. Un jugement encore inédit et un "avertissement" pour la procureure Fatou Bensouda, notamment envers le groupe État islamique. Le groupe terroriste a lui détruit des sites d'une valeur historique inestimable à Palmyre en Syrie.

Cette ordonnance de réparations est en revanche la seconde dans l'histoire de la Cour pénale internationale. En mars dernier, elle a accordé 250 dollars à 297 victimes d'un ancien chef de milice congolais et reconnu qu'il était responsable de 3,75 millions d'euros de préjudices physiques, matériels et psychologiques.

Pourquoi elle sera compliquée à appliquer ?

Dans le cas du chef de milice congolais condamné, la CPI a décidé qu'il était responsable personnellement du paiement d'un million de dollars sur la totalité des préjudices, car insolvable. C'est donc au FPV, au Fonds au profit des Victimes de mettre en place un plan pour payer le reste de cette somme. Pas simple pour un organe indépendant et financé par des contributions volontaires, qu'elles soient publiques ou privées.

Dans le cas de ce djihadiste malien, une fois encore il n'est pas capable de payer les 2,7 millions d'euros estimés de dégâts. Même si la Cour "n'est pas d'accord avec le fait que l'indigence de M. Mahdi ait un impact sur l'ordonnance de réparation". Elle encourage donc la FPV à lever des fonds pour compléter les réparations. En fonction de l'état des finances d'Ahmad al Faqi al Mahdi, il pourra être amené en cas à rembourser l'argent apporté par le Fonds.

Le Fonds au profit des victimes devra présenter avant le 16 février 2018 un projet de plan de mise en œuvre des réparations. D'autant plus difficile que la situation sécuritaire au Mali est toujours instable et de nombreux habitants de Tombouctou ont été déplacés depuis ces attaques.

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