La Haute Cour de justice du Botswana a donné raison à un plaignant qui conteste deux articles condamnant les relations entre homosexuels à des peines de prison. Depuis ce 11 juin 2019, l'homosexualité est désormais légale dans le pays. Une petite évolution dans un continent encore réfractaire.

Des participants de la Cape Town Pride 2019, en Afrique du Sud, où l'homosexualité est légale, contrairement à beaucoup de pays d'Afrique.
Des participants de la Cape Town Pride 2019, en Afrique du Sud, où l'homosexualité est légale, contrairement à beaucoup de pays d'Afrique. © AFP / RODGER BOSCH

La justice du Botswana a dépénalisé aujourd'hui de l'homosexualité dans ce pays voisin de l'Afrique du Sud, l'un des plus démocratiques d'Afrique. Une décision qui fait date en Afrique, après que celle, récente, du Kenya, qui a refusé de décriminaliser les relations entre personnes du même sexe, a douché les espoirs de toute la communauté LGBT. Car pour les plus ardents défenseurs de la cause des gays et lesbiennes, la criminalisation encourage l'hostilité et la violence envers les homosexuels.

"Vices contre-nature"

En 2019, 27 pays d'Afrique subsaharienne sur 49 condamnent pénalement les relations entre personnes du même sexe. La religion a une grande influence sur les décisions judiciaires dans certains pays où la loi islamique basée sur la charia s'impose comme une source de droit. Dans ces pays, la peine de mort est encore en vigueur à l'égard des homosexuels comme en Mauritanie, au Soudan, en Somalie, pays pourtant membres de l'ONU, même si il n'y a aucune exécution récemment. 

Dans 26 autres pays, la peine maximale peut varier de 10 ans de prison à la prison à vie. Tel est le cas en Ouganda, en Tanzanie, en Gambie ou en Zambie. Être homosexuel au Maroc, en Algérie ou en Tunisie est passible de 8 années de prison. Idem en Namibie et au Tchad qui a durci sa législation. En revanche, le Mozambique et l'Angola ont rejoint la liste des pays qui ont dépénalisé les actes homosexuels. L'Angola a adopté au début de l'année un nouveau code pénal. L'ancien, qui datait de 1886 évoquait des "vices contre-nature".

Reste l'Afrique du Sud dont la constitution interdit toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Pourtant, dans ce pays cité comme un exemple, des enquêtes d'opinion montrent que pour une majorité de la population, les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont "moralement répréhensibles". La loi change parfois plus vite que les mentalités...  

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