Theresa May a annoncé retourner à Bruxelles cette semaine pour une semaine "cruciale" et lance aux élus britanniques un appel à la confiance, affirmant qu'un changement de leader ne "faciliterait pas" les négociations avec l'Union européenne.

Menacée par un vote de défiance, la Première ministre britannique a mis en avant qu'un changement de leader ne faciliterait pas les négociations du Brexit.
Menacée par un vote de défiance, la Première ministre britannique a mis en avant qu'un changement de leader ne faciliterait pas les négociations du Brexit. © AFP / Matt Dunham / POOL

La semaine a été difficile pour Theresa May. Après l'annonce d'un projet d'accord sur le Brexit, les termes négociés avec l'Union européenne ont été très contestés et la Première ministre britannique a décidé de retourner à Bruxelles pour une semaine "cruciale".

Avant le sommet européen prévu le 25 novembre, qui doit entériner le projet d'accord, Theresa May doit rencontrer Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. L'objectif de cet entretien est de rassurer les Britanniques sur les relations futures entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après le Brexit, prévu le 29 mars prochain.

Le projet d'accord sur le Brexit a valu à Theresa May plusieurs départs de son gouvernement, motivés notamment par le sort particulier réservé à la province britannique d'Irlande du Nord après la sortie de l'UE. Le point le plus controversé est le "backstop", ou filet de sécurité, une solution de dernier recours prévoyant le maintien de l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE et un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'était conclu à l'issue de la période de transition de 21 mois, prévue à compter du mois d'avril 2019.

Le vote de défiance, épée de Damocles pour le Brexit

Theresa May a tenté de rassurer dimanche, comparant le backstop à une "police d'assurance". Mais la cheffe du gouvernement est menacée d'être renversée par un vote de défiance. Celui-ci serait déclenché s'il est demandé par 15 % du groupe conservateur au Parlement, soit 48 députés. La Première ministre, qui pense savoir que ce seuil n'est pas atteint, a prévenu qu'un changement de leader ne "faciliterait pas les négociations" et risquait de reporter le départ de l'UE. 

C'est le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg, à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), qui a lancé la manœuvre, l'accusant d'avoir trahi les promesses faites au peuple britannique. Avec ce projet d'accord, le Royaume-Uni deviendra un "état vassal" de l'UE, avec "beaucoup de lois conçues à l'étranger et sur lesquelles nous n'aurons aucune influence", fustige l'ERG, qui a disséqué le document de près de 600 pages et publié ses conclusions dimanche.

L'opposition cherche un projet alternatif

Un groupe de cinq ministres eurosceptiques tente de son côté de persuader Theresa May de modifier le projet d'accord, selon les médias britanniques. Le texte sera présenté en décembre au Parlement mais son destin semble incertain en raison de l'opposition affichée du parti travailliste, des libéraux démocrates et du petit parti unioniste nord-irlandais DUP, allié des conservateurs.

Le Parti national écossais (SNP) votera également contre le texte, a affirmé dimanche sa cheffe, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. Cette europhile souhaite proposer un projet alternatif en s'unissant à d'autres partis. 

Pour Jeremy Corbyn, le chef du Labour, le compromis trouvé par Theresa May ne "sert pas les intérêts du pays" et elle doit le renégocier rapidement. Le Labour souhaite un "arrangement douanier permanent avec l'UE" et "une garantie des droits". Le chef du principal parti d'opposition a par ailleurs estimé qu'un second référendum sur le Brexit, une idée qui a gagné du terrain ces derniers mois, est "une option pour l'avenir mais pas pour aujourd'hui". Theresa May l'exclut catégoriquement. 

Pour Dominic Raab, qui a démissionné de son poste de ministre du Brexit et a été remplacé par Stephen Barclay, un avocat eurosceptique de 46 ans, la Première ministre a subi le "chantage" de Bruxelles. Toutefois, si "deux ou trois points étaient changés, un accord pourrait être conclu", a-t-il jugé dimanche, interviewé par la BBC. "Mais il est vraiment tard et nous devons changer de cap".

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