Vincent Cochetel, représentant du Haut-Commissariat aux Réfugiés en Méditerranée centrale, était l'invité du journal de 13h sur France Inter. Il alerte sur la vulnérabilité des travailleurs humanitaires à l'étranger, deux jours après la mort de sept personnes au Niger, tuées par des hommes armés.

Vincent Cochetel, représentant du Haut-Commissariat aux Réfugiés en Méditerranée centrale.
Vincent Cochetel, représentant du Haut-Commissariat aux Réfugiés en Méditerranée centrale. © Maxppp / Marios Lolos

Emmanuel Macron a annoncé ce mardi, à l'occasion d'un conseil de défense, que les mesures de sécurité des Français au Sahel seront "renforcées". Au total, sept personnes travaillant pour l'ONG Acted ont été tuées dimanche avec leur guide nigérien par des hommes armés, à Kouré, à 60 km au sud-est de Niamey, lors d'une excursion touristique. La vulnérabilité des travailleurs humanitaires à l'étranger préoccupe Vincent Cochetel. Il répondait aux questions de Cécile Bidault.

FRANCE INTER : Ce qu’il s’est passé au Niger, est-ce de plus en plus fréquent ?

VINCENT COCHETEL : "Cela fait suite à l’assassinat de cinq humanitaires au Nigeria le mois dernier, 10 humanitaires kidnappés au Niger en juin, un collègue encore tué hier au Cameron… Malheureusement, les humanitaires deviennent des cibles, parce que l’objectif de ces groupes est d’empêcher leur activité envers les populations nécessiteuses du Sahel. Nous sommes des cibles faciles, et ce même si nous nous protégions plus. Se protéger 24h/24, partout sur un pays, c’est très compliqué, même quand on a des gardes du corps et des véhicules blindés. Le risque zéro n’existe malheureusement pas..."

Que peuvent faire les autorités locales, mais aussi la communauté internationale pour mieux protéger ces travailleurs humanitaires ?

"La responsabilité incombe d'abord aux pays qui nous reçoivent d’assurer la protection des travailleurs humanitaires. Quand ces crimes atroces sont commis, il faut poursuivre les auteurs, qu’importe ce que ça coûte, qu’importe le temps que ça prenne. L’attaque contre les travailleurs humanitaires est un crime en droit international, imprescriptible, il n’y a pas de durée limite pour les poursuites. 

C’est souvent un combat très long, très solitaire, mais essentiel malheureusement pour ces jeunes qui nous ont quittés et pour tous les travailleurs humanitaires à travers le monde."

Vous avez vous-même été retenu en otage en 1998 pendant 300 jours, à Vladikavkaz, une province du Caucase proche de la Tchétchénie. Ces derniers événements résonnent-ils en vous ?

"Mes premières pensées vont pour les collègues d’Acted et les proches des humanitaires assassinés. Encore des vies brisées. Le portrait de ces jeunes tués nous rappelle un peu le portrait de collègues qui ne sont plus là aujourd’hui. Ce sont toutes ces vies brisées, toutes ces familles auxquelles je pense pour l’instant."

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